Le premier mai des syndicats réformistes

À l’occasion de la journée internationale du travail, Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, Philippe Louis, président de la CFTC, et Luc Bérille, secrétaire général de l’Unsa, ont organisé un rassemblement revendicatif et culturel où ils ont rappelé leur raison d’être ensemble ainsi que leurs priorités. Jean Grosset, directeur de l’Observatoire du dialogue social de la Fondation, synthétise les échanges qui s’y sont tenus.

Laurent Berger a rappelé la force des trois syndicats rassemblés. Il a insisté sur l’urgence d’une politique sociale assumée pour les plus pauvres ; la fonction publique et ses agents rendent de précieux services à toute la population, déclarait-il. S’adressant solennellement au gouvernement, le responsable de la CFDT a dit l’importance du dialogue et de l’écoute. “Rompez avec la logique du contournement des syndicats !”, s’exclamait-il.

Philippe Louis a décrit quant à lui la volonté réformiste de son organisation dans les dossiers du moment et comment, par la négociation, son syndicat avait obtenu des avancées sur le dossier de l’apprentissage ou de la formation professionnelle. “Nous devons cependant dénoncer et s’opposer à ce qui est injuste, comme dans la fonction publique, l’augmentation de la CSG pour les retraités, ou la situation dans les Ehpad. Il est nécessaire d’obtenir une bonne réforme des retraites”.

Luc Bérille, dans le cadre de la journée internationale du travail, a adressé un message de soutien aux syndicalistes turcs victime de la répression. À son tour, il a insisté sur la “clarté de ce rassemblement” regroupant des syndicats négociateurs et réformistes. Citant le mouvement de 1968, Luc Bérille a rappelé la création de la section syndicale d’entreprise et l’importance de ce niveau de négociation, une idée partagée par les trois syndicats. Le gouvernement doit accepter le temps du dialogue social.

Les trois responsables syndicaux ont enfin affiché des points communs sur la réforme ferroviaire, tout en réaffirmant la nécessité dans la situation actuelle de travailler ensemble.

Il s’agit d’un message d’espoir pour le syndicalisme.

Le 13 avril dernier, ils signaient une tribune en direction du gouvernement, défendant la démocratie sociale. Le 17 avril, lors d’un colloque organisé par l’Observatoire du dialogue social de la Fondation Jean-Jaurès, la CFDT, la CFTC, et l’Unsa réfléchissaient aux conditions pour réussir le dialogue social en France. Le 1er mai, ils ont exprimé leur volonté commune d’obtenir des résultats concrets pour les travailleurs par la négociation.

Le film italien “7 minutes” projeté à la fin du rassemblement donnait une note émouvante et combative en relatant l’action de onze femmes déléguées du personnel pour défendre leur dignité.

 

 

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