Si les Français passent de moins en moins à lire des livres, faut-il pour autant en annoncer la mort ? Et cela signifie-t-il la fin de la lecture et de l’écrit ? Pour contrer la panique morale qui a cours et dresser un véritable état des lieux, Arthur De Grave et Diana Filippova s’appuient sur des entretiens avec des chercheurs et des acteurs du livre, sur une enquête qualitative conduite avec BloomTime auprès de lecteurs, et sur la confrontation systématique de ce matériau aux travaux académiques français et anglo-saxons. Mobilisant la notion de littératie, ils formulent un certain nombre de recommandations afin d’en faire, enfin, un enjeu politique.
Table des matières
Introduction
La littératie : pour quoi faire ?
Ce que la lecture fait au lecteur : la littératie comme régime cognitif
Ce que la littératie fait à la société : la littératie comme régime politique
Tableau clinique de la post-littératie contemporaine
Qui veut la peau du lecteur ?
Obsolescence de l’écriture
Le prix du temps : l’accélération contre la culture écrite
La gentrification de la lecture
Le livre, enceinte attentionnelle
Recommandations. Pour une politique de la littératie
Doter les politiques d’une structure, d’un budget et de pouvoirs transversaux
Protéger les communs attentionnels : pour une politique de la disponibilité
Développer le goût de l’écrit tout au long de l’éducation
La lecture partout et pour tous : remettre le livre dans la vie quotidienne
Conclusion
Propositions
- Instaurer une taxe sur les fournisseurs de l’IA établie à 6% de leur chiffre d’affaires
- Créer un fonds littératie et porter son budget à 1 milliard d’euros
- Doter le CNL de missions élargies et de délégués territoriaux, chargés d’animer les coalitions territoriales de la littératie
- Lutter contre les designs addictifs et instituer un design code numérique et textuel
- Sanctuariser l’apprentissage, apprendre à faire avant de faire faire
- Faire entrer la culture de l’écrit dans les familles dès le berceau
- Instaurer des rituels de lecture et de littératie dans tous les cycles, du primaire au lycée
- Faire écrire pour faire lire
- Multiplier les tiers-lieux de la littératie dans l’espace public et dans les lieux de la vie quotidienne
- Former et nommer des médiateurs de la littératie et des influenceurs lecture
Les auteurs
Arthur De Grave est essayiste, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès et membre de son Observatoire Marques, imaginaires de la consommation et politique. Il est l’auteur notamment de Startup Nation. Overdose Bullshit (Rue de l’échiquier, 2019).
Diana Filippova est romancière, essayiste, enseignante à Sciences Po Paris et experte associée à la Fondation Jean-Jaurès. Elle est notamment l’autrice de Rien n’est plus grand que la mère des hommes (Albin Michel, 2025), de De l’inconvénient d’être russe (Albin Michel, 2023) et de Technopouvoir. Dépolitiser pour mieux régner (Les liens qui libèrent, 2019).