Le capitalisme de la solitude désigne un régime économique où l’isolement social cesse d’être une externalité non intentionnelle de notre système de production et de consommation, pour en devenir une ressource à part entière. Ce régime résulte-t-il d’une intention idéologique au sens strict ? Il est en tout cas, comme Paul Klotz le démontre, consubstantiel à la poursuite d’objectifs économiques : les forces du marché orientent la profitabilité vers la production et le maintien de l’isolement. La solitude est exploitée parce qu’elle est rentable. Face à ce scandale moral et ce danger sanitaire, la puissance publique ne peut rester inactive et Paul Klotz avance plusieurs propositions dont elle pourrait s’emparer.
Table des matières
Introduction
Le capitalisme de la solitude : ébauche d’un concept
Pour augmenter ses profits, une plateforme doit maximiser le temps d’usage qu’y passent ses utilisateurs
L’isolement social est la conséquence directe de la maximisation du temps d’usage de l’utilisateur
Le développement des compagnons IA, l’ultime étape du capitalisme de la solitude
Abattre le capitalisme de la solitude, ou voir nos sociétés mourir par lui
De la légitimité à lutter contre le capitalisme de la solitude
Capitalisme de la solitude et sociétés totalitaires : les leçons d’Hannah Arendt
Que faire ?
Conclusion
L’auteur :
Paul Klotz est essayiste, haut fonctionnaire et expert associé à la Fondation Jean-Jaurès. Ses travaux portent sur la condition et le vécu de l’individu contemporain. Il est l’auteur de Contre la brutalisation de nos existences. Pour une politique du sensible (Flammarion, 2026).