La passion militante. Participation civique, investissement associatif, implication professionnelle

À quoi ressemble le militantisme en 2026 ? Qui sont celles et ceux qui s’engagent aujourd’hui dans un syndicat, une association, un collectif ou même au sein de leur entreprise ? Dans une étude en partenariat avec la MAIF, Denis Maillard, codirecteur de l’Observatoire de l’engagement de la Fondation, analyse les profondes mutations de l’engagement à partir d’une enquête inédite menée par l’Ifop. Celle-ci montre que si le militantisme demeure une pratique minoritaire, il se réinvente autour de nouvelles formes d’action, plus souples, plus concrètes et davantage centrées sur la cohérence entre convictions personnelles et pratiques quotidiennes.  

Méthodologie de l’enquête « Les Français et le militantisme » :
Enquête réalisée par l’Ifop pour la MAIF et la Fondation Jean-Jaurès, 5 au 10 novembre 2025, auprès d’un échantillon national représentatif de 2666 Français, dont un sous-échantillon de 496 militants et 516 militants de la MAIF. 

Table des matières

Préface. Le militant, héros de notre histoire contemporaine
Yves Pellicier, président de la MAIF

Qu’est-ce qu’un « militant » en 2026 ?
L’ambivalence d’un terme
Le faible poids des militants

Être un « bon militant »
Ce qui fait le « bon militant »
L’existence d’une fatigue militante

Le rapport au politique
Quel degré de radicalité ?
Les cinq traits du militantisme contemporain

Préface. Le militant, héros de notre histoirecontemporaine
Yves Pellicier

« Le militant, c’est le sel de la terre. C’est le citoyen qui s’est voué, une fois pour toutes, au service de la Cité. C’est le volontaire inlassable […] qui sacrifie joyeusement son repos […], ses intérêts temporels, sans autre profit que le progrès de ses idées et le succès de sa cause. C’est le héros de notre histoire contemporaine. » C’est en préparant le séminaire de la Fondation Jean-Jaurès consacré au militantisme le 27 novembre 2025, et qui a conduit à la rédaction de ce rapport avec Denis Maillard, que j’ai retrouvé cet extrait du Guide MAAIF de 1938. Avec son vocabulaire d’époque, il reflète l’absolu des engagements collectifs propre aux années 1930, dont certains, nous le savons, ont pu aussi servir les plus abjectes des causes totalitaristes. 

Mais face aux dérives tragiques de l’histoire, cet extrait du Guide MAAIF exprime ici tout autre chose et laisse entrevoir ce que le militant peut apporter au monde et à l’histoire. À sa manière, il dit l’enthousiasme et la confiance dans l’idéal des militants de la première heure lorsqu’ils ont construit la Mutuelle d’assurance automobile des instituteurs de France en 1934, la MAAIF, qui devait plus tard devenir la MAIF. Dans une période de l’histoire qui allait produire les pires atrocités de notre époque moderne, alors que les idéologies fascistes gangrénaient le continent européen et qu’un capitalisme froid pesait lourdement sur une société fragilisée par la crise de 1929 et par de nombreux scandales financiers, la MAAIF est née de l’engagement d’instituteurs et d’institutrices guidés par la volonté de développer un mouvement de solidarité entre acteurs d’une même profession, soucieux de faire vivre l’idéal républicain et laïque.

Depuis, la radicalité du militantisme des années 1930 s’est diluée dans les évolutions sociétales de l’après-guerre. Pour autant, ce que nous considérions encore très récemment comme des acquis – la paix, la démocratie, l’éducation, le progrès social ou encore la préservation de l’environnement – sont aujourd’hui remis en cause. C’est pourquoi l’engagement des militants de la MAIF non seulement n’a rien perdude sa vitalité, mais se retrouve renforcé, car toujours plus nécessaire. Il n’est pas victime de la fatigue militante qui touche les partis politiques et qui s’est également emparée de l’univers associatif. Réjouissons-nous-en et tâchons surtout de comprendre pourquoi, afin que ce militantisme d’entreprise si singulier perdure. 

Pour ma part, j’y vois plusieurs raisons. En premier lieu, aujourd’hui, le militant MAIF s’engage avant tout pour la satisfaction de ses pairs sociétaires, pour le mieux commun, pour une économie plus solidaire, pour une société plus inclusive, pour l’émancipation par l’éducation, la culture, le sport. En second lieu, la force de son engagement réside dans le sens qu’il porte. Celui-ci s’incarne dans des réalisations concrètes et immédiatement valorisantes : l’accompagnement de nos sociétaires, au travers de gestes d’attention du quotidien, d’actions de solidarité et d’écoute ; la réalisation de promesses d’engagement sociétal et écologique. 

Plus largement, ils incarnent le modèle dont ils sont parties prenantes. Ils expriment une vision globale de la société inscrite dans l’ADN de la mutuelle. Pour toutes ces raisons, le militantisme mutualiste diffère d’un militantisme politique, trop souvent partitaire, déchiré entre flottements idéologiques, violence, comportements décevants des élus, écart entre les promesses et la réalité. Enfin, les militants de la MAIF sont une famille au sein de laquelle les actions se coconstruisent. Les initiatives sont encouragées. Le plaisir à militer ne s’exprime pas seulement dans un agenda d’engagements planifiés chaque semaine, mais aussi dans un temps partagé entre militants devenus entre eux des camarades et des amis.

Au fil de l’excellente étude rédigée par Denis Maillard, j’aurai l’occasion de développer chacun de ces aspects. J’ai à cœur d’illustrer cette singularité militante qui fait la force d’un modèle économique et quie st la signature d’une entreprise mutualiste de plus de quatre-vingt-dix ans. En se posant la question de savoir ce qu’est un militant en 2026, ce qu’il incarne dans une société de plus en plus divisée et violente, Denis Maillard soulève une question majeure au cœur de l’avenir de nos sociétés et de leur organisation démocratique.


Pour commander cette étude (à 3 euros) directement auprès de la Fondation Jean-Jaurès :
– paiement par carte bancaire : rendez-vous sur notre boutique
HelloAsso (merci de payer le service d’envoi postal à domicile si vous ne souhaitez pas venir le chercher à la Fondation)
– paiement par chèque : contactez l’accueil par téléphone au 01 40 23 24 00 ou envoyez un mail à boutique@jean-jaures.org

 

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