Les références directes à la mer sont nombreuses dans les écrits et discours de Jean Jaurès. Sa pensée a évolué dans différents espaces, de son Tarn natal en Amérique latine, de l’Algérie à Bruxelles… La mer y occupe une place particulière. Gilles Candar, historien et membre du conseil d’administration de la Fondation, nous emmène dans cette note sur les rivages de la Méditerranée1Cette note est issue d’une intervention de l’auteur dans une table-ronde des Rendez-vous de l’Histoire le 7 octobre 2022, « Jaurès et la mer », aux côtés de Marion Fontaine, professeure des universités à Sciences Po, et Jean-Baptiste Alba, alors directeur du Centre national et Musée Jean Jaurès de Castres..
Le Tarnais Jaurès est aussi un marin, ou presque, puisque appartenant à une famille de marins, avec un nombre record d’amiraux (au moins cinq depuis 1860…)2Jean-Baptiste Alba, Amiral Charles Jaurès, homme de courage et de cœur, Paris, Éditions du Panthéon, 2017 et Amiral Louis Jaurès, le frère presque inconnu, Castres, Société culturelle du Pays castrais, 2025. Les autres amiraux de la famille sont Benjamin Jaurès (1823-1889), mort ministre de la Marine, François Régnier et Jérôme Régnier, petit-fils et arrière-petit-fils de Louis Jaurès.. Lui-même pouvait en tout cas se targuer d’avoir le pied marin. « J’ai toujours été un loup de mer », déclare-t-il en sautant de barque en barque à des journalistes brésiliens lors de son arrivée à Rio de Janeiro3La Gazeta de Noticias, n°221, 9 août 1911, cité par Philippe Catonné, éditeur de « Jaurès au Brésil », Cahiers Jaurès, n°221, juillet-septembre 2016, p. 136.. Certes, il n’en reste pas moins normalien, agrégé de philosophie, intellectuel et professeur. Et c’est surtout, enfin, un politique. C’est évidemment ainsi qu’il voit et vit la mer.
La Méditerranée, d’Homère et Hérodote à Matisse
Son expérience de la mer est tout autant celle de l’océan Atlantique que de la Méditerranée, et un de ses divertissements de jeune homme avait été d’en imaginer la réconciliation au cours d’un banquet réunissant d’anciens élèves de Sainte-Barbe. La Méditerranée y est décrite comme « l’amie des vieilles gloires », « profond reflet des antiques histoires » alors que l’Atlantique incarne la modernité et se moque du « sot bavardage » des Grecs4Des extraits de ce morceau de bravoure potache furent publiés par Adolphe Brisson dans Les prophètes, Paris, Tallandier, 1903, p. 48-49 et repris dans le tome 1 des Œuvres de Jean Jaurès, Les années de jeunesse, édition établie par Madeleine Rebérioux et Gilles Candar, Paris, Fayard, 2000, p. 63-64..
Un moment tenté par l’École française d’Athènes, comme son ami et camarade Paul Monceaux, Jaurès songea longtemps semble-t-il à visiter l’Italie ou la Grèce. Nous le savons par un collègue qui n’était certes pas un ami, mais avec lequel Jaurès aimait débattre et qui, au fond, l’appréciait plus qu’il l’aurait voulu, Maurice Barrès. Dans ses Cahiers, à la date du 22 juin 1906, l’écrivain, député nationaliste de Paris et membre de l’Académie française, raconte comment Jaurès se renseigne presque timidement auprès de lui sur les possibilités d’un tel voyage : « Cette année, pourtant, je voudrais voir ce qu’il y a dans Florence, dans Rome… Mille francs, cela suffirait-il pour trois semaines… Je voudrais aller en Grèce, le voyage en Grèce est-il coûteux ?5Maurice Barrès, Mes Cahiers, Paris, Éditions des Équateurs, 2011 [1931], p. 257. ».
Mais pourtant Jaurès ne fit pas le voyage. En revanche, il traversa l’océan et visita trois pays d’Amérique latine – le choix de la modernité, qui fait penser au mot de Pirenne à Marc Bloch, voulant lui expliquer son choix de commencer par son hôtel de ville tout neuf la visite de Stockholm : « Je suis un historien. C’est pourquoi j’aime la vie6Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Paris, Armand Colin, 1974 [1949], p. 47. ».
La Méditerranée, Jaurès la connaissait par ses différents voyages militants qui lui avaient fait fréquenter ses rivages, de Marseille à Nice ou à Port-Vendres, de la Côte d’Azur à la Côte Vermeille. Il l’avait traversée au printemps 1895 lorsqu’avec son épouse il était parti se reposer un peu en Algérie, invité par son ami René Viviani, originaire de Sidi Bel Abbès. Il l’avait revue à plusieurs reprises en France. Marcel Sembat a évoqué une de ces rencontres, au printemps 1909, lorsque tous les deux étaient venus prêter main forte à Renaudel, candidat à une élection partielle dans le Var. Ils se ménageaient quelques moments de détente, déjeunant ainsi avec Henri Matisse dans une petite auberge, celle de la mère Féraud, à Cassis. À Bandol, apercevant « un matin de grand mistral » la mer, « d’un bleu profond et noir », Jaurès s’écrie auprès de ses compagnons : « Oh ! Voyez ! Le Styx ! Le Styx ! La beauté terrible ! Homère a vu souvent la mer ainsi !7Marcel Sembat, « Comme il était vivant ! », L’Humanité, 31 juillet 1919. ». Aussi sensible qu’il soit à la beauté des paysages et intimement proche de la nature, Jaurès n’en est pas moins évidemment un intellectuel érudit qui voit le monde au travers de sa sensibilité, mais aussi de sa forte et vaste culture. C’est en somme ce qu’il expliquait, étudiant cloîtré rue d’Ulm, à une relation amicale, le jeune enseignant Achille Ricardou, avec un peu de coquetterie désinvolte : « Je fais avec Hérodote le tour de la Méditerranée, en flâneur ; son style avec sa limpidité, ses phrases courtes et animées d’un mouvement aimable et tranquille comme les vagues d’une mer au repos, me donne l’illusion charmante du voyage, sans ses fatigues et ses périls8Jean Jaurès, Lettre à Achille Ricardou, 25 janvier 1879, Les années de jeunesse…, op. cit., p. 61-62. ».
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Abonnez-vousLa Méditerranée, une mer française ?
Il n’est donc pas étonnant que la Méditerranée soit d’abord pour lui une question politique. La France est alors une puissance méditerranéenne sur les deux rives, puisque l’Algérie est intégrée à la France. Elle n’est pas considérée comme une colonie, mais comme une partie de la République française, ce qui posera d’autant plus problème lors de la décolonisation qu’une importante population d’origine européenne y vit. Il serait peut-être sage d’attendre que l’Algérie soit au programme des Rendez-vous d’histoire de Blois pour traiter de la complexe question de Jaurès et l’Algérie. Rappelons simplement ici en deux mots l’essentiel. D’abord républicain favorable à la colonisation, Jaurès intègre le monde méditerranéen dans une politique de grandeur française somme toute très classique. Candidat républicain aux élections législatives de 1885, il explique dans un discours prononcé à Gaillac que la France doit avoir la prédominance en Méditerranée. C’est la pensée de Gambetta, que Ferry rejoint sur ce point, et Jaurès a l’habileté de l’avancer en se réclamant d’un ancien chef de l’extrême gauche radicale, Louis Blanc, désormais décédé alors qu’une bonne part du radicalisme avec Clemenceau pourfend cette ambition démesurée. Il le cite donc : « Louis Blanc disait encore : « La France ne sera plus la France le jour où elle ne prétendra plus à la prépondérance dans la Méditerranée, où elle ne fera plus respecter son pavillon sur les côtes lointaines ». Je suis ici, de tout mon cœur et de toute ma raison, avec le chef glorieux de l’ancienne extrême gauche, qui avait la même hardiesse dans ses ambitions pour la démocratie et dans ses ambitions pour la France. Ces hommes savaient associer dans leur vaste cœur et dans leur vaste esprit la liberté du pays et sa grandeur, le développement du droit au dedans, le développement de la patrie au dehors et la République a bien fait, malgré nos défaites, ou plutôt à cause de nos défaites, de reprendre sans les amoindrir ni les briser ces puissantes traditions françaises et républicaines9Jean Jaurès, discours de Gaillac, 13 août 1885, Les années de jeunesse…, op. cit., p. 167-177. ».
Jaurès évolue, assez rapidement, mais il conserve une forte perspective de l’ensemble méditerranéen dans son horizon politique. Il élargit sa vision politique, abandonne l’illusion d’un bon droit national inné, immuable et éternel, et, au nom de l’universalité des droits et de la prise en compte de la légitimité des aspirations nationales des peuples de tous les continents, il accède à une vision internationale qui le rapproche d’un anticolonialisme alors tout juste émergent10Jean Jaurès, Le pluralisme culturel, tome 17 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Numa Ducange et Marion Fontaine, Paris, Fayard, 2014.. En tout cas, il s’oppose avec constance et vigueur au processus de conquête et de vassalisation au Maroc. De même, il condamne la guerre lancée par l’Italie en 1911 pour acquérir la Libye et la Tripolitaine aux dépens de l’empire turc11Jean Jaurès, « L’impossible folie » et « La suite », L’Humanité, 27 janvier et 26 février 1912.. En Algérie, il défend les droits de la population arabe, des indigènes comme on dit alors, et il envisage même leur accession à la citoyenneté et au droit électoral, sans évoquer un quelconque abandon de leur statut juridique, ce qui aurait constitué une rupture fondamentale dans la politique algérienne de la France12Jean Jaurès, « Pour l’Algérie », L’Humanité, 25 janvier 1914..
Patriotisme et internationalisme en Méditerranée
Il n’isole pas la rive sud de la Méditerranée de sa rive nord, mais l’intègre à une politique d’ensemble qui ne doit pas se fonder seulement sur un rapprochement avec la Grande-Bretagne et l’Allemagne. Pour lui, la France doit développer le « fond latin13Jean Jaurès, « La culture française », La Dépêche, 13 septembre 1911. » qui constitue la valeur propre de la culture nationale. C’est-à-dire qu’elle est bien armée pour échanger et coopérer avec les grands pays latins que sont l’Espagne, le Portugal et l’Italie qui « s’éveillent à des souffles nouveaux » pour les premiers et se trouvent « en plein essor économique » pour le troisième. L’orientation reste bien sûr assez vague et générale d’autant que Jaurès inclut les pays d’Amérique latine qu’il s’apprête à visiter dans ce nouvel horizon proposé à la diplomatie et aux intérêts économiques nationaux. Lorsqu’il a l’occasion de préciser son propos, il insiste surtout sur la nécessaire amitié avec l’Espagne14Jean Jaurès, « L’amitié avec l’Espagne » et « Impossible », L’Humanité, 31 octobre et 1er novembre 1911., afin de désamorcer le risque de conflit avec ce pays quelque peu rival ou complice de la France dans la mainmise sur le Maroc voisin, mais qui ne souhaite pas faire les frais d’une réconciliation franco-allemande qui se ferait à son détriment. Cette politique, qui trouve au demeurant un début de réalisation avec le voyage du président de la République Poincaré en Espagne en octobre 1913, ne doit pas non plus être utilisée comme un élargissement militaire et guerrier, contre l’Allemagne ou contre les Marocains, mais comme un élément de paix et de civilisation15Jean Jaurès, « France et Espagne », L’Humanité, 12 octobre 1913.. Jaurès ne parle pas spécifiquement de la Méditerranée orientale, mais son inspiration d’ensemble n’est guère différente. Il ne cesse de mettre en garde contre les pièges des nationalismes excessifs et rivaux alors que se déclenchent de terribles « guerres balkaniques » qui opposent Grecs, Bulgares, Serbes, Monténégrins et Turcs dans des configurations différentes et contre le jeu des grandes puissances qui attisent ces rivalités et souhaitent les utiliser à leur profit. Jaurès n’est pas opposé à l’indépendance des peuples de l’ancien empire ottoman, déjà acquise en Europe, mais il n’en fait pas un préalable nécessaire. Il connaît l’enchevêtrement des implantations et des revendications et sa préférence, à l’instar des austro-marxistes, serait la mise en place d’ensembles qui permettrait la coexistence de groupes nationaux différents. Surtout, et il se distingue ainsi de nombre d’autres dirigeants socialistes français ou internationaux, il souhaite le maintien de la Turquie en Europe afin d’aider à sa transformation et à sa modernisation. Il éprouve une sympathie d’ensemble pour la révolution des Jeunes-Turcs de 1908, comme des mouvements nationaux qui ont lieu en Égypte, et il ne veut pas arracher la Libye à la Turquie. Sa perspective n’est donc plus vraiment coloniale même s’il serait abusif et prématuré de la qualifier d’anticolonialiste ; il n’oppose pas les deux rives de la Méditerranée entre elles et souhaite une évolution libérale et démocratique de nouveaux ensembles qu’encouragerait la France. Bref, il rêve, souhaite, travaille à une mer qui unisse et non qui sépare ou attise les conflits. Plus d’un siècle après sa mort, le moins que nous puissions dire est que même dans des configurations nouvelles la tâche reste importante et devant nous.
Ce qui me semble néanmoins le plus directement intéressant pour nous dans son héritage est la définition de la France comme constituant en somme un « entre les deux mers ». Nous retrouvons ainsi sur un mode plus réfléchi le développement de son poème de jeunesse un peu potache. Rendant compte du livre de son condisciple Camille Julian sur la Gaule, il définit ainsi ce qui a fait et continue à faire la France. Jaurès écrit dans la Revue de l’enseignement primaire et primaire supérieur qui lui permet de s’adresser à un public d’enseignants essentiel à ses yeux. Un siècle après, sa réflexion résonne de manière très forte puisqu’il argumente en faveur d’une conception ouverte de la nationalité française comme marque spécifique de notre pays. Il me semble donc judicieux de lui laisser aujourd’hui les soins de la conclusion :
« la caractéristique déjà très ancienne de la France, le trait constitutif qui, selon les observateurs les plus anciens, marque la physionomie de la Gaule, c’est qu’elle est à la fois nationale et internationale. Son unité nationale lui est venue d’abord de son rôle international. C’est parce qu’elle a été le chemin de la Méditerranée à l’Océan, le lien de la mer intérieure à la mer extérieure qu’elle a été incitée de bonne heure à prendre conscience d’elle-même. Elle serait restée une dissémination de petits pays, de petits groupements locaux si elle n’avait pas été traversée par de larges courants commerciaux. Elle est devenue un centre parce qu’elle était une route. Et son unité s’est constituée avant celle de la Germanie, avant celle de l’Espagne, parce qu’elle a été un grand lieu de passage. D’où il résulte que la nationalité française, forme de la nationalité gauloise, n’est ni arbitraire ni étroite ; qu’elle est l’expression d’un grand fait naturel et d’un grand fait historique, et qu’on détruirait une grande force historique, une grande puissance de vie, soit en la laissant violenter par une force étrangère, soit en l’isolant de la vie internationale. Une nation vigoureusement autonome, tous les jours plus associée à la vie générale du genre humain et tous les jours plus ardente à créer cette vie générale, voilà ce qu’est le destin profond de la France ; voilà le génie d’indépendance et d’internationalité qui est à ses origines mêmes, pareil à ces génies des sources que nos aïeux ligures adoraient16Jean Jaurès, « La Gaule », REPPS, 10 mai 1908, Penser dans la mêlée, tome 12 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-François Chanet et Emmanuel Jousse, Paris, Fayard, 2020, p. 362-365.. »
- 1Cette note est issue d’une intervention de l’auteur dans une table-ronde des Rendez-vous de l’Histoire le 7 octobre 2022, « Jaurès et la mer », aux côtés de Marion Fontaine, professeure des universités à Sciences Po, et Jean-Baptiste Alba, alors directeur du Centre national et Musée Jean Jaurès de Castres.
- 2Jean-Baptiste Alba, Amiral Charles Jaurès, homme de courage et de cœur, Paris, Éditions du Panthéon, 2017 et Amiral Louis Jaurès, le frère presque inconnu, Castres, Société culturelle du Pays castrais, 2025. Les autres amiraux de la famille sont Benjamin Jaurès (1823-1889), mort ministre de la Marine, François Régnier et Jérôme Régnier, petit-fils et arrière-petit-fils de Louis Jaurès.
- 3La Gazeta de Noticias, n°221, 9 août 1911, cité par Philippe Catonné, éditeur de « Jaurès au Brésil », Cahiers Jaurès, n°221, juillet-septembre 2016, p. 136.
- 4Des extraits de ce morceau de bravoure potache furent publiés par Adolphe Brisson dans Les prophètes, Paris, Tallandier, 1903, p. 48-49 et repris dans le tome 1 des Œuvres de Jean Jaurès, Les années de jeunesse, édition établie par Madeleine Rebérioux et Gilles Candar, Paris, Fayard, 2000, p. 63-64.
- 5Maurice Barrès, Mes Cahiers, Paris, Éditions des Équateurs, 2011 [1931], p. 257.
- 6Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Paris, Armand Colin, 1974 [1949], p. 47.
- 7Marcel Sembat, « Comme il était vivant ! », L’Humanité, 31 juillet 1919.
- 8Jean Jaurès, Lettre à Achille Ricardou, 25 janvier 1879, Les années de jeunesse…, op. cit., p. 61-62.
- 9Jean Jaurès, discours de Gaillac, 13 août 1885, Les années de jeunesse…, op. cit., p. 167-177.
- 10Jean Jaurès, Le pluralisme culturel, tome 17 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-Numa Ducange et Marion Fontaine, Paris, Fayard, 2014.
- 11Jean Jaurès, « L’impossible folie » et « La suite », L’Humanité, 27 janvier et 26 février 1912.
- 12Jean Jaurès, « Pour l’Algérie », L’Humanité, 25 janvier 1914.
- 13Jean Jaurès, « La culture française », La Dépêche, 13 septembre 1911.
- 14Jean Jaurès, « L’amitié avec l’Espagne » et « Impossible », L’Humanité, 31 octobre et 1er novembre 1911.
- 15Jean Jaurès, « France et Espagne », L’Humanité, 12 octobre 1913.
- 16Jean Jaurès, « La Gaule », REPPS, 10 mai 1908, Penser dans la mêlée, tome 12 des Œuvres de Jean Jaurès, édition établie par Jean-François Chanet et Emmanuel Jousse, Paris, Fayard, 2020, p. 362-365.