Influence russe en Afrique : le cas de l’Angola, au prisme des ressources critiques

Le procès de deux ressortissants russes en Angola révèle, au-delà d’un fait judiciaire, une lutte d’influence plus large autour d’un pays devenu stratégique pour les ressources énergétiques et minérales indispensables à la transition énergétique européenne. Romain Keppenne1Membre de l’Observatoire de l’Afrique subsaharienne de la Fondation, Romain Keppenne est diplômé d’HEC et de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Il travaille actuellement pour Release by Scatec, un développeur de projets d’énergie renouvelable focalisé sur l’Afrique subsaharienne. décrypte en quoi ce cas spécifique doit nous inviter à penser les vulnérabilités et les dépendances européennes pour permettre l’émergence d’une approche préventive des luttes d’influence et des conflictualités indirectes, en Afrique et ailleurs.

 

Le regain d’intérêt de la Russie pour l’Afrique n’est plus à démontrer2Sur le renforcement des stratégies d’influence russes en Afrique au cours des dernières années, voir notamment Maxime Audinet, « L’Afrique dans la stratégie d’influence russe », Revue Défense nationale, 2025). L’auteur, expert des actions d’influence russes, y analyse la montée en puissance des dispositifs informationnels, médiatiques et para-politiques russes sur le continent africain, dans une logique de compétition géopolitique avec les puissances occidentales. Voir également : Romain Keppenne, « Au sud de la Russie : l’immense de l’influence russe en Afrique », Fondation Jean-Jaurès, 2026., mais l’actualité angolaise a à nouveau mis ce phénomène sur le devant de la scène : à Luanda, l’ouverture du procès de deux ressortissants russes, accusés d’espionnage, de désinformation et de tentative d’ingérence politique, a récemment mis en lumière des pratiques encore rarement exposées devant la justice en Afrique. L’affaire est passée presque complètement inaperçue dans la sphère médiatique française3La présente note prolonge certaines analyses formulées par l’auteur dans un entretien accordé à Charlie Hebdo en mars 2026, en cherchant à replacer ce cas dans une analyse plus globale des dépendances stratégiques européennes. Voir : « Déstabiliser l’Angola avec 24 000 dollars ? Deux barbouzes russes face à un procès inédit », Charlie Hebdo, mars 2026. L’article souligne le caractère peu coûteux et difficilement attribuable des opérations d’influence reprochées aux accusés, illustrant les logiques contemporaines de guerre informationnelle à bas bruit., et ce bien que – selon les autorités angolaises – les accusés soient responsables d’opérations visant à influencer l’opinion publique et à peser, à terme, sur les équilibres politiques du pays4Voir : « Angola : deux Russes accusés d’espionnage et de désinformation », BBC Afrique, 24 mars 2026. L’affaire porte notamment sur des accusations de diffusion de fausses informations, de tentative de manipulation de l’opinion publique et d’atteinte présumée à la sûreté de l’État angolais, dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux influences étrangères.. Au-delà des faits eux-mêmes – qui doivent encore être établis –, l’affaire soulève un enjeu plus large : celui de la montée en puissance d’actions d’influence russes, discrètes, peu coûteuses et difficilement attribuables, dans des zones clés du continent africain.

Comment anticiper ces actions et adopter une posture préventive face à la récurrence de ces stratégies d’influence ? Le cas spécifique de l’Angola dessine les linéaments d’une approche active face à cette menace.

Extension du domaine de la lutte : du Donbass à Luanda

Depuis 2017, sous la présidence de João Lourenço, le pays – historiquement proche de Pékin et premier emprunteur africain auprès de la Chine5Voir : The Odious Legacy of Chinese Development Assistance in Africa: The Case of Angola, Hudson Institute, 6 février 2023. L’article rappelle que l’Angola demeure le principal débiteur africain de la Chine, avec environ 21 milliards de dollars de dette envers Pékin, soit près de 40% de sa dette publique extérieure. Cette dépendance financière, héritée en grande partie de la reconstruction post-guerre civile engagée avec l’appui chinois après 2002, continue de peser lourdement sur les finances publiques angolaises. – a engagé un rééquilibrage vers les partenaires occidentaux, notamment autour des enjeux d’infrastructures et d’accès aux ressources stratégiques6Voir notamment : « At Africa-Europe summit, Angola balances China and the West », Deutsche Welle, 22 novembre 2025. Depuis l’arrivée au pouvoir de João Lourenço en 2017, l’Angola a progressivement engagé un rééquilibrage diplomatique et économique vers les partenaires occidentaux, sans pour autant rompre avec sa stratégie traditionnelle de diversification des alliances, notamment vis-à-vis de la Chine.. Ce mouvement reste toutefois pragmatique : Luanda diversifie ses alliances plutôt qu’elle ne s’aligne. Dans ce contexte, l’apparition d’actions d’influence plus structurées de la part de Moscou n’est donc pas surprenante7Si leur ambition présumée venait à être pleinement établie par la justice angolaise à l’issue dudit procès..

Cette dynamique s’inscrirait alors dans ce qu’on pourrait lire – d’un point de vue européen et dans une perspective géopolitique plus large – comme une stratégie russe en deux temps.

À court terme, il s’agirait de fragiliser les alternatives énergétiques européennes. L’Angola exporte environ 3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an8Selon les données de l’International Energy Agency, les exportations angolaises de gaz naturel représentaient environ 160 000 TJ en 2023, soit l’équivalent d’environ 3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an (Mtpa), sur la base des facteurs de conversion standards de l’industrie gazière., dont une part croissante vers l’Europe depuis 2022 – et en particulier vers la France et le Royaume-Uni, soutiens importants de Kyiv9Voir : « Europe increasingly relies on LNG exports from Angola », U.S. Energy Information Administration, 9 avril 2025. L’EIA souligne qu’à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les exportations angolaises de GNL vers l’Europe ont fortement augmenté, en particulier vers le Royaume-Uni et la France, dans le cadre de la stratégie européenne de diversification des approvisionnements gaziers après 2022.. Dans un marché tendu, ces volumes participent à la diversification post-russe. Les perturber, même marginalement, contribuerait à accroître la pression sur les prix et à compliquer la recomposition énergétique européenne – en particulier dans le contexte actuel d’hostilité accrue des États-Unis envers une Europe néanmoins contrainte de troquer le gaz russe contre le gaz naturel liquéfié (GNL) américain. Le contexte énergétique mondial instable, résultant de la guerre israélo-américaine engagée en Iran, conforte un peu plus la pertinence de cette lecture10Voir : Simone Tagliapietra, « How will the Iran conflict hit European energy markets? », Bruegel, mars 2026. L’analyse souligne qu’au lendemain du déclenchement du conflit, les prix du pétrole ont bondi d’environ 8% tandis que les prix européens du gaz augmentaient d’environ 20%. Si l’Europe demeure moins dépendante des hydrocarbures du Golfe que les grandes économies asiatiques, elle reste néanmoins exposée aux chocs de marché : pétrole et GNL étant échangés sur des marchés mondiaux intégrés, toute perturbation du détroit d’Ormuz est susceptible d’entraîner des hausses immédiates des prix affectant directement les économies européennes..

À long terme, l’enjeu est plus structurant encore : ralentir la transition énergétique européenne elle-même, en vue de maintenir l’Union européenne (UE) sous pression et la contraindre soit à un retour dans le giron énergétique russe, soit à une mise sous pression de son industrie. Car l’Angola est en effet appelé à devenir un maillon clé des chaînes d’approvisionnement en métaux critiques pour l’économie européenne. Le Corridor de Lobito, qui doit mobiliser plus de deux milliards d’investissements européens dans le cadre de sa stratégie « Global Gateway », doit relier les gigantesques ressources en cuivre et en cobalt de la République démocratique du Congo et de la Zambie à la façade atlantique du continent africain11« Global Gateway: EU launches strategic transport corridor linking Europe and Central Africa via Lobito », Commission européenne, 2023.. Pour l’Europe, il s’agit d’une voie d’approvisionnement clé pour sécuriser et accélérer l’acheminement de ces matériaux indispensables à l’électrification vers ses États membres.

Dès lors, au prisme de la politique extérieure de la Russie, qui considère désormais l’UE comme son adversaire principal, agir en amont plutôt qu’en aval permet de peser indirectement et à moindre coût politique sur les dépendances économiques européennes. De ce point de vue, l’Angola constitue un point de convergence rare, où se croisent flux logistiques, énergétiques et miniers. À cette fin, la guerre informationnelle peut offrir un levier particulièrement efficace : retarder des investissements, fragiliser des équilibres locaux ou alimenter des tensions peuvent suffire à ralentir des projets structurants.

Cette approche correspond à une évolution plus large de la stratégie russe en Afrique. Faiblement exposée économiquement au continent, la Russie peut s’y permettre une politique plus opportuniste et déstabilisatrice, là où les intérêts européens y sont, quant à eux, fortement engagés12Voir : Thierry Vircoulon, « La Russie en Afrique, une puissance économique en trompe-l’œil », IFRI, 2025. L’analyse insiste sur le décalage entre la faiblesse relative des échanges économiques russes avec l’Afrique et la capacité de Moscou à y projeter une influence politique, informationnelle et sécuritaire significative. Une lecture alternative consisterait toutefois à considérer que cette faible exposition économique constitue précisément l’une des conditions de possibilité d’une stratégie d’influence plus opportuniste et déstabilisatrice. Autrement dit, le « nain économique » peut d’autant plus aisément adopter des comportements disruptifs que les coûts potentiels d’une dégradation de l’environnement politique ou sécuritaire africain demeurent, pour lui, relativement limités.. La Russie exploite ainsi une asymétrie fondamentale : le besoin croissant qu’a l’Europe de diversifier ses partenariats énergétiques et ses accès aux ressources clés à la transition.

Ce type d’action relève moins de l’ingérence spectaculaire que d’un travail de fond, discret, et difficilement attribuable. Quelques dizaines de milliers de dollars peuvent suffire à produire des effets politiques ou économiques disproportionnés – comme le démontre l’historique de l’influence russe sur les membres de l’actuelle l’Alliance des États du Sahel (AES)13Voir : « Propaganda Machine: Secret documents reveal Russia’s foreign influence strategy across three continents », Forbidden Stories, 2025. L’enquête, fondée sur des documents internes attribués à des réseaux d’influence russes, décrit des stratégies coordonnées de manipulation informationnelle en Afrique, en Amérique latine et en Europe, combinant relais médiatiques locaux, campagnes numériques, influence politique indirecte et opérations de désinformation à faible coût (250 à 700 dollars l’article relayé dans des médias francophones d’Afrique de l’Ouest, à titre d’exemple).. Les précédents observés en Afrique sahélienne ou centrale montrent que ces dynamiques, même modestes à l’origine, peuvent ouvrir la voie à des formes d’influence plus structurantes sur le temps long.

L’Angola n’est donc pas un théâtre secondaire. À court terme, il contribue à la sécurité énergétique européenne. À long terme, il devient critique pour sa transition énergétique et industrielle. C’est précisément cette double temporalité qui en fait une cible potentielle.

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Vulnérabilités et dépendances européennes : vers une géopolitique préventive des luttes d’influence en Afrique

Dans les nouvelles guerres d’influence, les rapports de force ne se jouent plus seulement au cœur des puissances, mais à leurs marges, où se décident silencieusement les équilibres géopolitiques à venir. Pour mieux parer ces menaces, l’analyse des modalités d’influence en tant que telles ne suffit pas. L’exemple angolais rappelle finalement que les nouvelles stratégies d’influence ne peuvent être décryptées indépendamment des dépendances structurelles européennes. Pour anticiper les zones de vulnérabilité, identifier les sphères informationnelles à surveiller et les pays susceptibles de devenir des théâtres de confrontation indirecte, il devient nécessaire de cartographier en amont les intérêts stratégiques de l’UE : approvisionnements énergétiques, corridors logistiques, minerais critiques, infrastructures numériques ou routes commerciales.

L’Angola montre également qu’une autre réponse reste possible : celle du droit. Dans un contexte où les opérations d’influence russes sont souvent pensées comme diffuses, déniables et situées sous le seuil de conflictualité classique, le recours à la justice constitue un précédent important. Il rappelle que ces acteurs peuvent être exposés, poursuivis et potentiellement tenus responsables. Dès lors, l’identification en amont des espaces stratégiques les plus sensibles pour les intérêts européens pourrait aussi permettre de renforcer les capacités judiciaires, institutionnelles et informationnelles des États partenaires les plus exposés à ce type d’ingérences.

L’enjeu n’est plus seulement de comprendre les mécanismes de l’influence, mais de les replacer dans une lecture systémique des rapports de dépendance contemporains, pour mieux les parer. De ce point de vue, le cas angolais permet peut-être d’esquisser les prémices d’une méthode d’analyse appelée à être généralisée.

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    Membre de l’Observatoire de l’Afrique subsaharienne de la Fondation, Romain Keppenne est diplômé d’HEC et de l’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Il travaille actuellement pour Release by Scatec, un développeur de projets d’énergie renouvelable focalisé sur l’Afrique subsaharienne.
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    Sur le renforcement des stratégies d’influence russes en Afrique au cours des dernières années, voir notamment Maxime Audinet, « L’Afrique dans la stratégie d’influence russe », Revue Défense nationale, 2025). L’auteur, expert des actions d’influence russes, y analyse la montée en puissance des dispositifs informationnels, médiatiques et para-politiques russes sur le continent africain, dans une logique de compétition géopolitique avec les puissances occidentales. Voir également : Romain Keppenne, « Au sud de la Russie : l’immense de l’influence russe en Afrique », Fondation Jean-Jaurès, 2026.
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    La présente note prolonge certaines analyses formulées par l’auteur dans un entretien accordé à Charlie Hebdo en mars 2026, en cherchant à replacer ce cas dans une analyse plus globale des dépendances stratégiques européennes. Voir : « Déstabiliser l’Angola avec 24 000 dollars ? Deux barbouzes russes face à un procès inédit », Charlie Hebdo, mars 2026. L’article souligne le caractère peu coûteux et difficilement attribuable des opérations d’influence reprochées aux accusés, illustrant les logiques contemporaines de guerre informationnelle à bas bruit.
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    Voir : « Angola : deux Russes accusés d’espionnage et de désinformation », BBC Afrique, 24 mars 2026. L’affaire porte notamment sur des accusations de diffusion de fausses informations, de tentative de manipulation de l’opinion publique et d’atteinte présumée à la sûreté de l’État angolais, dans un contexte de vigilance accrue des autorités face aux influences étrangères.
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    Voir : The Odious Legacy of Chinese Development Assistance in Africa: The Case of Angola, Hudson Institute, 6 février 2023. L’article rappelle que l’Angola demeure le principal débiteur africain de la Chine, avec environ 21 milliards de dollars de dette envers Pékin, soit près de 40% de sa dette publique extérieure. Cette dépendance financière, héritée en grande partie de la reconstruction post-guerre civile engagée avec l’appui chinois après 2002, continue de peser lourdement sur les finances publiques angolaises.
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    Voir notamment : « At Africa-Europe summit, Angola balances China and the West », Deutsche Welle, 22 novembre 2025. Depuis l’arrivée au pouvoir de João Lourenço en 2017, l’Angola a progressivement engagé un rééquilibrage diplomatique et économique vers les partenaires occidentaux, sans pour autant rompre avec sa stratégie traditionnelle de diversification des alliances, notamment vis-à-vis de la Chine.
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    Si leur ambition présumée venait à être pleinement établie par la justice angolaise à l’issue dudit procès.
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    Selon les données de l’International Energy Agency, les exportations angolaises de gaz naturel représentaient environ 160 000 TJ en 2023, soit l’équivalent d’environ 3 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié (GNL) par an (Mtpa), sur la base des facteurs de conversion standards de l’industrie gazière.
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    Voir : « Europe increasingly relies on LNG exports from Angola », U.S. Energy Information Administration, 9 avril 2025. L’EIA souligne qu’à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les exportations angolaises de GNL vers l’Europe ont fortement augmenté, en particulier vers le Royaume-Uni et la France, dans le cadre de la stratégie européenne de diversification des approvisionnements gaziers après 2022.
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    Voir : Simone Tagliapietra, « How will the Iran conflict hit European energy markets? », Bruegel, mars 2026. L’analyse souligne qu’au lendemain du déclenchement du conflit, les prix du pétrole ont bondi d’environ 8% tandis que les prix européens du gaz augmentaient d’environ 20%. Si l’Europe demeure moins dépendante des hydrocarbures du Golfe que les grandes économies asiatiques, elle reste néanmoins exposée aux chocs de marché : pétrole et GNL étant échangés sur des marchés mondiaux intégrés, toute perturbation du détroit d’Ormuz est susceptible d’entraîner des hausses immédiates des prix affectant directement les économies européennes.
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    « Global Gateway: EU launches strategic transport corridor linking Europe and Central Africa via Lobito », Commission européenne, 2023.
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    Voir : Thierry Vircoulon, « La Russie en Afrique, une puissance économique en trompe-l’œil », IFRI, 2025. L’analyse insiste sur le décalage entre la faiblesse relative des échanges économiques russes avec l’Afrique et la capacité de Moscou à y projeter une influence politique, informationnelle et sécuritaire significative. Une lecture alternative consisterait toutefois à considérer que cette faible exposition économique constitue précisément l’une des conditions de possibilité d’une stratégie d’influence plus opportuniste et déstabilisatrice. Autrement dit, le « nain économique » peut d’autant plus aisément adopter des comportements disruptifs que les coûts potentiels d’une dégradation de l’environnement politique ou sécuritaire africain demeurent, pour lui, relativement limités.
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    Voir : « Propaganda Machine: Secret documents reveal Russia’s foreign influence strategy across three continents », Forbidden Stories, 2025. L’enquête, fondée sur des documents internes attribués à des réseaux d’influence russes, décrit des stratégies coordonnées de manipulation informationnelle en Afrique, en Amérique latine et en Europe, combinant relais médiatiques locaux, campagnes numériques, influence politique indirecte et opérations de désinformation à faible coût (250 à 700 dollars l’article relayé dans des médias francophones d’Afrique de l’Ouest, à titre d’exemple).

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