Les autorités d’extrême droite en Amérique latine et bien au-delà causent un désordre national et international, notamment en remettant profondément en cause le multilatéralisme. C’est l’analyse de Giancarlo Summa, politiste, cofondateur de l’Institut latino-américain pour le multilatéralisme (ILAM) au Brésil, et codirecteur de l’essai El desorden del mundo, interrogé par Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes de la Fondation.
Dans un contexte mondial marqué par la montée en puissance des dirigeants autoritaires et la recrudescence de la violence comme outil politique, Le désordre du monde propose un regard sur un phénomène qui ne peut plus être appréhendé uniquement à l’échelle nationale. Du retour de Donald Trump aux expériences de gouvernement de Jair Bolsonaro, Javier Milei et Nayib Bukele, l’extrême droite mène une offensive coordonnée contre les droits de l’homme, la cause environnementale, l’égalité des sexes et les institutions multilatérales.
S’appuyant sur un vaste programme de recherche mené au Brésil par l’Institut latino-américain pour le multilatéralisme (ILAM), Le désordre du monde analyse les réseaux transnationaux, les dispositifs numériques, les alliances religieuses et les think tanks qui soutiennent une véritable « internationale réactionnaire ». L’accent n’est pas seulement mis sur les discours, mais aussi sur les pratiques concrètes : le démantèlement des politiques de mémoire et de justice, la diplomatie anti-genre, le négationnisme climatique, l’érosion des organismes régionaux et les attaques constantes contre le système des Nations unies.