Le 14 décembre 2025, le Chili a élu José Antonio Kast (Parti républicain) président de la République avec 58,2% des voix, contre 41,8% pour son adversaire, Jeannette Jara. Cette victoire d’une droite dure, revendiquant une rupture avec le cycle politique ouvert en 2019, marque un tournant majeur dans un pays que l’on croyait engagé sur une trajectoire de transformation institutionnelle et sociale, portée notamment par l’espoir du processus constituant. Comment comprendre ce basculement ? S’agit-il d’une correction conjoncturelle, liée à la fatigue politique et à l’échec constitutionnel ? Que reste-t-il de l’élan d’octobre 2019, de ses imaginaires, de ses aspirations et de sa jeunesse mobilisée ?
Carlos Ominami, figure historique de la gauche chilienne, ancien ministre et observateur engagé de la vie politique nationale, revient sur les ressorts politiques et sociaux de l’élection de José Antonio Kast, sur les leçons du cycle constituant et sur les principaux enjeux du mandat qui s’ouvre pour la période 2026-2030. Il est interrogé par Maya Laurens, chargée de projet au secteur international de la Fondation Jean-Jaurès.