Démocraties d’Amérique latine : comprendre l’instabilité présidentielle

Comment se fait-il que, dans des régimes démocratiques latino-américains qu’on considère comme politiquement stables, un certain nombre de chefs d’État se voient destitués ? Dans les dernières années, c’est le cas du Pérou, cas emblématique, mais également de l’Argentine, du Brésil, de la Bolivie, du Honduras et de la Colombie1Ces dernières années, un certain nombre d’anciennes présidentes et d’anciens présidents ont été mis en examen par les systèmes de justice nationaux : Dilma Rousseff (Brésil, 2016), Pedro Pablo Kuczynski (Pérou, 2017), Janine Áñez (Bolivie, 2022), Alejandro Toledo (Pérou, 2024), Juan Orlando Hernández (Honduras, 2024), Álvaro Uribe (Colombie, 2025), Pedro Castillo (Pérou, 2025), Cristina Fernández de Kirchner (Argentine, 2025) et Martín Vizcarra (Pérou, 2025)., une récurrence marquée, dont le Mexique semble faire figure d’exception. Gaspard Estrada dresse un panorama de ces procédures d’impeachment et analyse comment les sciences politiques, depuis les années 1990 et les retours à la démocratie, font état de contextes institutionnels et politiques de plus en plus fragmentés, provoquant un effritement de la capacité de gouvernance.

Gaspard Estrada est politiste et membre de l’Unité du Sud Global de la London School of Economics (LSE). Il est interrogé par Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l’Observatoire de l’Amérique latine et des Caraïbes de la Fondation.

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    Ces dernières années, un certain nombre d’anciennes présidentes et d’anciens présidents ont été mis en examen par les systèmes de justice nationaux : Dilma Rousseff (Brésil, 2016), Pedro Pablo Kuczynski (Pérou, 2017), Janine Áñez (Bolivie, 2022), Alejandro Toledo (Pérou, 2024), Juan Orlando Hernández (Honduras, 2024), Álvaro Uribe (Colombie, 2025), Pedro Castillo (Pérou, 2025), Cristina Fernández de Kirchner (Argentine, 2025) et Martín Vizcarra (Pérou, 2025).

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