Démocratie
Laïcité : que reste-t-il de 1905 ?
Milan Sen
À l’initiative du député Aristide Briand, la loi concernant la séparation des Eglises et de l’Etat a été adoptée le 9 décembre 1905, il y a 120 ans. Ce texte fondateur de la laïcité française pose deux principes : la liberté de croire ou de ne pas croire (et de le manifester), ainsi que la neutralité de l’Etat. Initialement, le texte ne mentionnait pas le terme, utilisé depuis 1871 pour désigner la séparation du civil et du religieux, et qui signifiait jusque-là « les gens », en opposition aux clercs et aux nobles. Certaines règles ne concernent cependant pas l’ensemble du territoire français : l’Alsace-Moselle ainsi que la Guyane française, Mayotte, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis et Futuna, et la Nouvelle-Calédonie disposent d’une exception. Pour l’historien Jean Baubérot, « il n’existe pas un « modèle français de la laïcité », mais différentes représentations selon les acteurs sociaux ». « La laïcité n’est ni un outil de confrontation ni un sujet d’opposition : elle est un espace commun, protecteur, où chacun trouve sa place, quelles que soient ses convictions », écrivait la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. « Nous n’avons pas trouvé mieux depuis », estime l’historien Jean Baubérot. Le texte de 1905 est-il toujours adapté à la France de 2025 ?