Quelques mois après l’arrestation – plus que contestable et fortement contestée – d’Ekrem İmamoğlu, maire d’Istanbul et principal opposant au président Erdoğan, Max-Valentin Robert, docteur en science politique, spécialiste de la Turquie, analyse cette incarcération comme une évolution du régime politique turc vers l’autocratie.
Le 19 mars dernier a été arrêté Ekrem İmamoğlu, maire métropolitain d’Istanbul et figure de proue du parti d’opposition turc CHP (Cumhuriyet Halk Partisi – Parti républicain du peuple : centre gauche kémaliste). Cette arrestation a conduit à un vaste mouvement de protestations, d’ampleur inédite en Turquie depuis les mobilisations de Gezi (printemps-été 2013). Une vague de colère qui fit face à une répression féroce de la part des autorités gouvernementales1Selon Amnesty International, pour la seule période allant du 19 au 24 mars 2025, 1133 manifestants auraient été arrêtés en Turquie. Voir « Manifestations en Turquie : un mouvement réprimé dans la violence », Amnesty International, 27 mars 2025., dont le choix d’arrêter le principal rival du président Recep Tayyip Erdoğan semble marquer un nouveau pallier dans l’autocratisation du régime turc.
De l’autoritarisme compétitif (tribunicien) à l’autocratie ?
Les travaux en science politique ont fréquemment décrit le régime turc comme un exemple archétypal d’autoritarisme compétitif2Berk Esen, « Competitive authoritarianism in Turkey under the AKP rule », dans Joost Jongerden (dir.), The Routledge Handbook on Contemporary Turkey, Londres, Routledge, 2021, pp. 153-167. Voir aussi Antonino Castaldo, « Populism and competitive authoritarianism in Turkey », Southeast European and Black Sea Studies, vol. 18, n°4, 2018, pp. 467-487.. Les régimes politiques classés dans cette catégorie sont considérés comme un type particulier de régime hybride, du fait de la présence en leur sein d’éléments démocratiques et de caractéristiques autoritaires. Il ne s’agit donc ni de démocraties libérales solidement installées ni de pures tyrannies autocratiques. En effet, les régimes démocratiques remplissent théoriquement les critères suivants : « 1) Les pouvoirs exécutif et législatif sont choisis à travers des élections qui sont ouvertes, libres et justes ; 2) tous les adultes possèdent en théorie le droit de vote ; 3) les droits politiques et les libertés civiles, incluant la liberté de la presse, la liberté d’association, et la liberté de critiquer le gouvernement sans représailles, sont globalement protégés, et 4) les autorités élues possèdent une autorité réelle pour gouverner, du fait qu’elles ne sont pas sujettes au contrôle tutélaire des dignitaires militaires et cléricaux3Steven Levitsky, Lucan A. Way, « The Rise of Competitive Authoritarianism », Journal of Democracy, vol. 13, n°2, avril 2002, p. 53. ».
Or, les régimes autoritaires compétitifs se singularisent par la violation des critères précédemment exposés, conduisant à une inégalité structurelle entre le parti au pouvoir et son opposition. Ainsi, bien que des élections soient régulièrement tenues et que celles-ci ne fassent pas l’objet de fraudes massives de la part des autorités, les titulaires du pouvoir vont avoir tendance à fréquemment abuser des ressources étatiques pour faire campagne (conduisant à une confusion entre le parti au pouvoir et l’État lui-même), à refuser tout accès au champ médiatique pour les forces d’opposition, ou encore à exercer des pressions constantes sur les figures de l’opposition et leurs militants4Ibid., p. 53..
Malgré ces pratiques incontestablement autoritaires, l’arène électorale demeure l’un des espaces de lutte majeurs au sein de ce type de régime : pour se pérenniser et maintenir leur autorité, les régimes autoritaires compétitifs ont besoin de l’élection en tant qu’instance de légitimation, mais aussi pour assurer à sa population un semblant de vie démocratique – afin d’amadouer notamment les fractions de la société sympathisantes de l’opposition. Dans le cas spécifique de la Turquie, cette centralité du recours aux urnes a atteint un degré tel que l’auteur de ces lignes a proposé de définir le régime « erdoğanien » comme étant un autoritarisme compétitif tribunicien5Max-Valentin Robert, « Rester ‘’anti-système’’ tout en exerçant le pouvoir : l’autoritarisme compétitif tribunicien de l’AKP turc », dans Jean-Paul Burdy et Jamil Sayah (dir.), Réflexions sur les relations et les coopérations internationales. Le Kiosque. Mélanges offerts à Jean Marcou, Paris, L’Harmattan (coll. « Diversités »), 2024, pp. 175-182., caractérisé par les deux singularités suivantes : une utilisation particulièrement fréquente de la procédure électorale et une contestation croissante de cette dernière.
Pour résumer, les régimes hybrides tels que les autoritarismes compétitifs conjuguent des caractéristiques autoritaires – un pouvoir gouvernemental faiblement limité, une violation récurrente des droits politiques et des libertés civiles de la population – et des éléments démocratiques – périodicité du recours aux urnes, pouvoir législatif élu au sein duquel l’opposition est représentée6Andrea Cassani, « Hybrid what? Partial consensus and persistent divergences in the analysis of hybrid regimes », International Political Science Review, vol. 35, n°5, 2014, pp. 542-558.. Or, en incarcérant son principal opposant, le pouvoir erdoğanien semble avoir décidé de franchir un nouveau palier dans son autocratisation.
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Abonnez-vousPlacer la compétition électorale sous contrôle
L’arrestation du maire métropolitain d’Istanbul s’inscrit dans une tendance de long terme du régime, qui n’a fait que s’accentuer ces dernières années. Afin de retirer toute incertitude à la compétition électorale, le pouvoir turc a essayé, à plusieurs reprises, de remodeler directement l’offre partisane. À titre d’exemple rappelons qu’en juin 2016, le Conseil supérieur des élections (Yüksek Seçim Kurulu – YSK) s’était ouvertement ingéré au sein de la crise interne qui frappait le Parti d’action nationaliste (Milliyetçi Hareket Partisi – MHP, extrême droite), alors divisé sur la question de s’allier ou non avec la formation d’Erdoğan, l’AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi – Parti de la justice et du développement, droite islamo-conservatrice). Cette volonté de contrôler l’offre partisane s’est manifestée de manière bien plus explicite à l’encontre de la mouvance kurdiste, comme en témoigne l’emprisonnement (depuis le 4 novembre 2016) de Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ, les anciens vice-présidents du Parti démocratique des peuples (Halkların Demokratik Partisi – HDP, gauche pro-kurde). D’ailleurs, dans les municipalités des régions kurdophones du Sud-Est, les maires appartenant à cette mouvance sont fréquemment destitués pour être remplacés par des administrateurs civils (kayyum). Enfin, entre le 20 janvier et le 17 juin dernier, le dirigeant ultranationaliste Ümit Özdağ – leader du Parti de la victoire (Zafer Partisi, extrême droite) – fut également incarcéré.
Au-delà des tentatives de remodelage de l’offre partisane que nous venons de mentionner, cette volonté gouvernementale de placer le jeu politique sous contrôle s’est également illustrée par des tentatives d’intimidation du corps électoral lui-même. Ainsi, l’AKP ne reconnut pas immédiatement sa défaite à Istanbul durant les élections municipales du 31 mars 2019, et le pouvoir exigea l’organisation d’un nouveau scrutin le 23 juin – second scrutin à la suite duquel le candidat pro-gouvernemental (et ex-Premier ministre) Binali Yildirim finit par concéder sa défaite face à Ekrem İmamoğlu. L’arrestation récente de ce dernier a toutefois constitué un raidissement d’ampleur inédite, car dirigée non seulement contre le principal adversaire de Recep Tayyip Erdoğan, mais aussi en confrontation directe avec la première force d’opposition du pays, et ce jusque dans ses fiefs électoraux. Ainsi, le 23 mars dernier, Resul Emrah Şahan, le maire CHP du district stambouliote de Şişli, a été arrêté et remplacé par un administrateur civil. Un tel sort avait déjà été subi (le 31 octobre 2024) par Ahmet Özer, maire CHP d’un autre district stambouliote (Esenyurt). D’autres maires de district appartenant à la formation kémaliste avaient d’ailleurs été arrêtés avant l’incarcération d’Ekrem İmamoğlu lui-même7« İstanbul’da İmamoğlu görevden uzaklaştırıldı, Şişli’ye kayyum atandı », BBC Türkçe, 23 mars 2025. Voir aussi « İmamoğlu’nun yerine kayyum atanması hukuken mümkün mü? », DW Türkçe, 24 mars 2025.. Les dirigeants du CHP redoutaient même que le pouvoir aille jusqu’à nommer un administrateur civil directement à la tête de leur parti, ce qui aurait été du jamais-vu dans l’histoire politique de la Turquie depuis le passage au multipartisme.
Pourquoi maintenant ?
Une série de facteurs aussi bien internes qu’externes ont pu pousser le régime erdoğanien à estimer que le moment était venu d’amorcer un nouveau tour de vis autocratique. Sur le plan extérieur, le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et la complaisance de celui-ci à l’égard des dirigeants autoritaires ont pu être considérés par le pouvoir turc comme une fenêtre d’opportunité potentielle. De même, devant l’actuelle priorisation accordée par les Européens au traitement du dossier russo-ukrainien, Recep Tayyip Erdoğan a pu estimer que l’Union européenne prêterait un regard moins attentif sur l’évolution de la démocratie turque – d’autant plus que la Turquie reste perçue comme un partenaire potentiel, dans le cadre d’une éventuelle future architecture de défense et de sécurité européenne.
Cependant, le choix pris par les autorités turques de franchir un nouveau palier dans l’autoritarisme a dû être plus directement motivé par des considérations de politique intérieure. Cette volonté manifeste de placer la compétition électorale sous contrôle s’inscrit effectivement dans un contexte de fragilisation du pouvoir islamo-conservateur. Ainsi, l’AKP a enregistré un sévère revers lors des élections municipales du 31 mars 2024, marquées par le succès du CHP qui non seulement s’est maintenu à la tête des grandes métropoles du pays, mais qui a également ravi au camp présidentiel plusieurs de ces municipalités – y compris dans des provinces conservatrices traditionnellement acquises à la droite religieuse. Ce scrutin a également été le théâtre d’une nette percée d’un mouvement islamiste dissident, le Nouveau Parti de la prospérité (Yeniden Refah Partisi – YRP, extrême droite) de Fatih Erbakan, fils de Necmettin Erbakan (le père fondateur de l’islam politique en Turquie8Esra Atuk, Les partis de « Vision nationale » : des partis »janus » dans le système politique turc, thèse de doctorat en science politique, Université Pierre Mendès-France (Grenoble), 2009, 510 p.). Or, en conquérant 24 villes, 39 districts, la province de Yozgat et la municipalité de Şanlıurfa9Mahmut Hamsici, « Yeniden Refah Partisi neden ve nasıl güçlendi? », BBC Türkçe, 4 avril 2024., le YRP a démontré qu’il pouvait envisager de concurrencer l’AKP jusque dans ses zones de force. Par ailleurs, la dégradation de la situation économique et sociale10La Banque centrale de la République de Turquie (Türkiye Cumhuriyet Merkez Bankasi) estime que le taux d’inflation s’élevait à 35,4% en mai dernier. En avril 2025, la Banque mondiale prévoyait une inflation de 35,7% pour la fin de l’année 2025, et de 22,1% pour la fin de l’année 2026. De plus, selon l’Agence statistique de Turquie (Türkiye İstatistik Kurumu – TÜİK), le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) atteignait 15,1% en mars 2025. Voir « Labour Force Statistics, March 2025 », Türkiye İstatistik Kurumu, 29 avril 2025. contribue également à fragiliser l’assise électorale de l’AKP, alors que, durant ses premiers mandats, l’économie constituait l’un des points forts du parti islamo-conservateur, qui bénéficiait au sein de l’électorat d’une réputation de « bon gestionnaire » – du fait de sa proximité avec les milieux entrepreneuriaux11Max-Valentin Robert, « Le Tesbih et l’iPhone : islam politique et libéralisme en Turquie », Politique étrangère, vol. 1, 2017 (printemps), pp. 117-127., notamment ceux issus de la « nouvelle bourgeoise islamique12Dilek Yankaya, La nouvelle bourgeoisie islamique. Le modèle turc, Paris, Presses universitaires de France (coll. « Proche-Orient »), 2013. ». Sur le plan sociétal, l’éloignement croissant des nouvelles générations d’avec les valeurs portées par la droite islamo-conservatrice13Volkan Ertit, « The failure of Islamization policies in Turkey: a “Victory” of Secularization Theory? », Southeast European and Black Sea Studies, 2024, pp. 1-21. constitue également, à moyen et long terme, une source d’affaiblissement électoral pour le pouvoir. Par ailleurs, les discussions en cours entre les autorités turques et le PKK (Partiya Karkerên Kurdistan, Parti des travailleurs du Kurdistan) – depuis l’appel de son leader Abdullah Öcalan à la dissolution du mouvement armé, le 27 février dernier – a pu faire penser au camp gouvernemental que le parti de gauche pro-kurde DEM (Halkların Eşitlik ve Demokrasi Partisi – Parti de l’égalité et de la démocratie des peuples) rechignerait donc à soutenir le CHP face à la répression – ce qui n’a pas été le cas, la vice-présidente du parti DEM, Tülay Hatimoğulları, allant même jusqu’à évoquer « un coup d’État contre la volonté populaire » et « une façon de saboter la paix et l’établissement de la démocratie dans ce pays14Cité dans « Turquie: le parti pro-kurde DEM apporte son soutien à l’opposant Ekrem Imamoglu arrêté », RFI, 20 mars 2025. ».
Vers la poutinisation ?
Les éléments précédemment mentionnés nous incitent à penser que Recep Tayyip Erdoğan chercherait à placer la compétition électorale sous contrôle afin de sécuriser son pouvoir, celui-ci étant fragilisé pour des raisons tant électorales qu’économiques et sociétales. En témoigne le comparatif avec Vladimir Poutine esquissé par le président turc lui-même, durant les « Rencontres de la jeunesse » ayant eu lieu à Gaziantep, le 8 décembre 2024 : « Il ne reste plus que deux dirigeants dans le monde. Aujourd’hui, il n’y a plus que moi et Vladimir Poutine. Ce pauvre homme [Recep Tayyip Erdoğan] a vingt-deux ans de mandat. M. Poutine en a presque autant. Tous les autres ont été éliminés15Cité dans « Cumhurbaşkanı Erdoğan: Şu an dünyada iki lider kaldı, biri ben biri Putin; diğerlerinin hepsi elimine oldu », T24, 8 décembre 2024.. » Or, la Russie poutinienne se caractérise actuellement par un strict contrôle de l’offre partisane émanant des autorités16Clémentine Fauconnier, Entre le marteau et l’enclume. La fabrication d’une hégémonie partisane dans la Russie de Poutine, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion (coll. « Espaces Politiques »), 2019. : si l’on prend l’exemple de la dernière élection présidentielle russe (15-17 mars 2024), les trois candidats « rivaux » de Vladimir Poutine (le communiste Nikolaï Kharitonov, le nationaliste Leonid Sloutski et le « centriste » Vladislav Davankov) avaient été préalablement avalisés par le Kremlin, et étaient généralement alignés sur la position du pouvoir à propos de la guerre contre l’Ukraine17Sur le nationalisme russe dans l’actuel contexte de guerre, se référer à Jules Sergei Fediunin, Les nationalismes russes. Gouverner, mobiliser, contester dans la Russie en guerre, Paris, Calmann-Lévy (coll. « Liberté de l’esprit »), 2024.. D’ailleurs, la candidature du pacifiste Boris Nadejdine avait été invalidée le 8 février 2024 par la Commission électorale centrale18Benoît Vitkine, « Russie : le candidat antiguerre Boris Nadejdine exclu à son tour de la présidentielle », Le Monde, 8 février 2024..
Recep Tayyip Erdoğan envisagerait-il de s’inspirer du « modèle russe » pour remodeler à sa guise l’offre partisane en Turquie, dans le but de sécuriser son pouvoir ? L’instrumentalisation de la justice par le pouvoir islamo-conservateur constitue déjà un point commun entre les deux régimes. De surcroît, la rhétorique du président turc à l’égard de son opposition s’est incontestablement durcie, prenant même des accents ouvertement menaçants, comme l’illustrent les déclarations tenues par le leader de l’AKP durant une réunion de son groupe parlementaire à la Grande Assemblée nationale de Turquie (Türkiye Büyük Millet Meclisi – TBMM) : « Voyons combien d’autres membres du CHP périront sur le chemin de l’ambition présidentielle19Cité dans « Erdoğan: Bakalım Cumhurbaşkanlığı hevesi yolunda daha kaç CHP’li telef olup gidecek », BirGün, 30 avril 2025. ». Si les menaces ne se sont jamais faites autant pressantes sur l’intégrité du processus électoral en Turquie, soulignons néanmoins que la première personnalité politique qui paierait le prix d’une telle évolution serait Erdoğan lui-même, qui verrait alors son pouvoir perdre lourdement en légitimité. Ce dessein autoritaire pourrait également contribuer à décrédibiliser l’AKP auprès de la population, les Turcs étant extrêmement attachés au rituel électoral, comme en témoignent les taux de participation enregistrés à la dernière élection présidentielle de mai 2023 (87% au premier tour, 84,1% au second). Ces tentatives de vider de leur sens les procédures électorales pourraient, à moyen et long terme, se confronter à un obstacle de poids : la société turque elle-même.
- 1Selon Amnesty International, pour la seule période allant du 19 au 24 mars 2025, 1133 manifestants auraient été arrêtés en Turquie. Voir « Manifestations en Turquie : un mouvement réprimé dans la violence », Amnesty International, 27 mars 2025.
- 2Berk Esen, « Competitive authoritarianism in Turkey under the AKP rule », dans Joost Jongerden (dir.), The Routledge Handbook on Contemporary Turkey, Londres, Routledge, 2021, pp. 153-167. Voir aussi Antonino Castaldo, « Populism and competitive authoritarianism in Turkey », Southeast European and Black Sea Studies, vol. 18, n°4, 2018, pp. 467-487.
- 3Steven Levitsky, Lucan A. Way, « The Rise of Competitive Authoritarianism », Journal of Democracy, vol. 13, n°2, avril 2002, p. 53.
- 4Ibid., p. 53.
- 5Max-Valentin Robert, « Rester ‘’anti-système’’ tout en exerçant le pouvoir : l’autoritarisme compétitif tribunicien de l’AKP turc », dans Jean-Paul Burdy et Jamil Sayah (dir.), Réflexions sur les relations et les coopérations internationales. Le Kiosque. Mélanges offerts à Jean Marcou, Paris, L’Harmattan (coll. « Diversités »), 2024, pp. 175-182.
- 6Andrea Cassani, « Hybrid what? Partial consensus and persistent divergences in the analysis of hybrid regimes », International Political Science Review, vol. 35, n°5, 2014, pp. 542-558.
- 7« İstanbul’da İmamoğlu görevden uzaklaştırıldı, Şişli’ye kayyum atandı », BBC Türkçe, 23 mars 2025. Voir aussi « İmamoğlu’nun yerine kayyum atanması hukuken mümkün mü? », DW Türkçe, 24 mars 2025.
- 8Esra Atuk, Les partis de « Vision nationale » : des partis »janus » dans le système politique turc, thèse de doctorat en science politique, Université Pierre Mendès-France (Grenoble), 2009, 510 p.
- 9Mahmut Hamsici, « Yeniden Refah Partisi neden ve nasıl güçlendi? », BBC Türkçe, 4 avril 2024.
- 10La Banque centrale de la République de Turquie (Türkiye Cumhuriyet Merkez Bankasi) estime que le taux d’inflation s’élevait à 35,4% en mai dernier. En avril 2025, la Banque mondiale prévoyait une inflation de 35,7% pour la fin de l’année 2025, et de 22,1% pour la fin de l’année 2026. De plus, selon l’Agence statistique de Turquie (Türkiye İstatistik Kurumu – TÜİK), le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) atteignait 15,1% en mars 2025. Voir « Labour Force Statistics, March 2025 », Türkiye İstatistik Kurumu, 29 avril 2025.
- 11Max-Valentin Robert, « Le Tesbih et l’iPhone : islam politique et libéralisme en Turquie », Politique étrangère, vol. 1, 2017 (printemps), pp. 117-127.
- 12Dilek Yankaya, La nouvelle bourgeoisie islamique. Le modèle turc, Paris, Presses universitaires de France (coll. « Proche-Orient »), 2013.
- 13Volkan Ertit, « The failure of Islamization policies in Turkey: a “Victory” of Secularization Theory? », Southeast European and Black Sea Studies, 2024, pp. 1-21.
- 14Cité dans « Turquie: le parti pro-kurde DEM apporte son soutien à l’opposant Ekrem Imamoglu arrêté », RFI, 20 mars 2025.
- 15Cité dans « Cumhurbaşkanı Erdoğan: Şu an dünyada iki lider kaldı, biri ben biri Putin; diğerlerinin hepsi elimine oldu », T24, 8 décembre 2024.
- 16Clémentine Fauconnier, Entre le marteau et l’enclume. La fabrication d’une hégémonie partisane dans la Russie de Poutine, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion (coll. « Espaces Politiques »), 2019.
- 17Sur le nationalisme russe dans l’actuel contexte de guerre, se référer à Jules Sergei Fediunin, Les nationalismes russes. Gouverner, mobiliser, contester dans la Russie en guerre, Paris, Calmann-Lévy (coll. « Liberté de l’esprit »), 2024.
- 18Benoît Vitkine, « Russie : le candidat antiguerre Boris Nadejdine exclu à son tour de la présidentielle », Le Monde, 8 février 2024.
- 19Cité dans « Erdoğan: Bakalım Cumhurbaşkanlığı hevesi yolunda daha kaç CHP’li telef olup gidecek », BirGün, 30 avril 2025.