Réhumaniser la société de l’absence. Comment recréer du lien et lutter contre la disparition de l’humain ?

Fracturée, divisée, polarisée. Tels sont généralement les adjectifs utilisés pour caractériser l’état de la société française aujourd’hui. Mais de quels maux sont-ils les mots ? Cet ouvrage établit en premier lieu, à partir d’une vaste étude réalisée auprès de trois mille Français et d’autres données, un constat sans appel : celui de Français portant un regard sombre sur la société et faisant état d’une grande lassitude.

Partant de là, Adélaïde Zulfikarpasic cherche à comprendre les raisons profondes de cette fatigue collective et nous propose une vision plus précise. Si certaines tendances de long cours se confirment, elle met en exergue des sentiments nouveaux : l’absence et le manque d’autrui, à tous les niveaux, conséquences d’une grande déshumanisation de nos vies en raison du numérique et de l’explosion de la solitude. L’humain s’est effacé progressivement, érodant le lien social et alimentant l’idée que « c’était mieux avant ». Et l’autrice de nous interroger : comment recréer du lien social et des interactions réelles dans une société où les membres sont plus que jamais déconnectés les uns des autres ?

Table des matières

1. Des Français sombres et fatigués
Une société vue comme individualiste et fragmentée
Entre nostalgie et déclassement, une vision sombre de la France
Une morosité qui se décline au niveau individuel

2. Une fatigue générée par notre modèle de société actuel qui met les Français en tension(s) permanente(s)
Des Français nuancés dans le regard qu’ils portent sur d’autres domaines
Une fatigue générée par une mise en tension permanente
La fin d’un modèle : de la « société orientée client » au désir d’une « société du liant »

3. Le constat d’une société de l’absence
Un modèle de société marqué par l’absence d’humain(s) avant tout
Une absence d’humain(s) croissante, aux conséquences matérielles manifestes
Une absence d’humain(s) aux nombreuses conséquences immatérielles

4. Réhumaniser la société de l’absence
Une soif de lien et d’humain, un fort désir de solidarité et de proximité, comme pendant les Jeux olympiques de Paris 2024
Vers un nouveau modèle de société, entre dématérialisation et réhumanisation
Recréer de la proximité et s’inspirer de l’échelon local

L’autrice :
Adélaïde Zulfikarpasic est directrice générale de BVA Xsight et experte associée à la Fondation Jean-Jaurès. 

Introduction

Facturée, divisée, fragmentée, polarisée, etc. Nombreux sont les adjectifs utilisés pour caractériser l’état de la société française et surtout pour mettre en exergue le supposé délitement du lien social et les antagonismes puissants qui opposeraient différentes communautés d’individus. Mais de quels maux ces adjectifs sont-ils les mots ? Reflètent-ils une réalité si manichéenne qu’on nous la décrit parfois, notamment dans certains médias ? Que disent-ils des aspirations profondes des Français ? La France est-elle réellement si divisée qu’on nous le dit ? Et les Français sont-ils désormais si peu reliés et si peu désireux de partager un destin commun ?

Né au départ de l’analyse de deux études sur les fractures et tensions qui traversent notre pays, cet ouvrage propose une réflexion sur notre société pour essayer de mieux comprendre sa réalité, en saisir toutes les nuances et mieux identifier les ressorts profonds du « malaise » perçu aujourd’hui pour identifier ou imaginer les meilleurs moyens de le surmonter. Le dernier « Baromètre de la confiance politique » publié par le Cevipof vient confirmer ce malaise. À la lecture de ses résultats, on comprend que les Français n’ont jamais été aussi las. La séquence politique qui vient de s’écouler est l’une des clés d’explication de ce constat préoccupant. Tout comme le sentiment de déclassement individuel et collectif ressenti par de nombreux Français, qui, rappelons-le, sont par ailleurs les champions du pessimisme. Les études internationales mesurant l’optimisme ou la confiance dans le monde entier classent en effet systématiquement les Français parmi les derniers, souvent derrière des pays où les conditions de vie sont pourtant objectivement bien moins bonnes.

Pour autant, ces pistes ne sont pas satisfaisantes et ne suffisent pas à expliquer à elles seules ce malaise. Existe-t-il une ou plusieurs autres explications plus structurelles ? En revenant d’abord sur ce sentiment diffus pour mieux le caractériser, puis en essayant de mieux en comprendre les raisons, l’enjeu de la réflexion que nous proposons ici est d’identifier des moyens de le combattre et de jeter les bases d’une « guérison ».


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