L’empire du hook. L’accroche musicale, nouveau graal à l’ère du streaming ?

Il y a quarante ans naissaient les Victoires de la musique, en pleine ère du CD. Depuis, la révolution du streaming et des réseaux sociaux a balayé nos habitudes de consommation musicale, nous inondant de « contenus » de toutes natures. Dès lors, pour capter l’attention des auditeurs distraits et passifs que nous sommes devenus, un nombre croissant de musiciens dégainent un atout-maître : l’accroche musicale, connue sous le nom de « hook ». Paul Vacca, romancier et essayiste, fait ici l’anatomie d’une arme musicale d’attention massive élevée au rang de potion magique.

Aucun musicien des générations précédentes n’aurait même pu rêver ce qu’il lui serait possible de faire aujourd’hui en 2025 ! Avoir accès à toute la musique du monde gratuitement (ou presque) ; façonner tous les sons possibles, enregistrer à domicile comme dans un studio d’enregistrement… Et une fois son chef-d’œuvre terminé, être capable de le proposer urbi et orbi sur les plateformes de streaming1Service qui permet de diffuser de la musique en temps réel via Internet sans avoir besoin de la télécharger au préalable. Les plateformes de streaming, comme Spotify ou Apple Music, offrent un accès instantané à une vaste bibliothèque musicale contre un abonnement ou de la publicité. et ainsi avoir la possibilité d’être écouté instantanément et admiré par des fans sur la planète entière… L’utopie devenue réalité.

Pourtant, le chanceux musicien de 2025 se retrouve face à un cruel paradoxe. Certes, le streaming offre une accessibilité inconnue jusqu’alors, mais cette ouverture même crée les conditions d’une saturation inédite : plus de 120 000 titres sont publiés chaque jour sur les plateformes de streaming, sans compter les titres du catalogue que l’on estime en 2025 suivant la plateforme entre 100 et 200 millions disponibles à portée de clic.

Pire, la musique est devenue un simple flux partageant la promiscuité fracassante d’autres contenus dans ce que l’on appelle l’économie de l’attention2L’économie de l’attention désigne un modèle où les contenus sont conçus pour capter et retenir l’attention des utilisateurs, souvent en maximisant l’engagement par des formats courts, immersifs ou addictifs. : le musicien n’est plus seulement en concurrence avec ses condisciples musiciens, mais avec tout ce qui occupe notre temps (les vidéos, les podcasts, les réseaux sociaux, etc.), rendant sa visibilité (et sa viabilité) toujours plus précaire.

De surcroît, les plateformes de streaming favorisent mécaniquement une écoute fragmentée et algorithmique où la visibilité d’un artiste dépend de diverses métriques (le nombre d’écoutes, les playlists ou les recommandations automatiques, la valeur de réécoute…). Cela bénéficie aux artistes qui sont « performants » selon ces critères, mais noie les autres dans l’anonymat. Ainsi 1% des artistes captent-ils 90% des écoutes globales3Parmi ce 1% des artistes qui captent 90% des écoutes globales du streaming, 10% concentrent 99,4% des écoutes. 90% des artistes reçoivent moins de 1000 euros par an de revenus du streaming, même avec jusqu’à 100 000 écoutes de leurs titres. Cf. Jonathan Schmutz, « Ce que vous ignorez sur le streaming musical ! », Top Music, 6 novembre 2024..

Comment un artiste peut-il espérer capter l’attention dans cet océan toujours plus bouillonnant de musique et de contenus ? Le hook constitue une réponse majeure à ce défi. Dans un monde où l’écoute est ultra-fragmentée et où l’auditeur est constamment bombardé par d’autres contenus, capter son attention le plus immédiatement possible est devenu un enjeu vital : sa bouée de sauvetage.

L’objectif de cette note va être de comprendre quelle importance le hook revêt dans la musique telle que nous la consommons aujourd’hui dans l’écosystème réinventé par le streaming et les réseaux sociaux. Nous tâcherons également d’en évaluer la fonction et de montrer en quoi, en retour, son utilisation a pu modifier la façon dont la musique est composée et produite.

Anatomie du hook

Qu’est-ce qu’un hook ? 50 nuances d’accroches

Le hook (littéralement « crochet » ou « hameçon » en anglais) désigne tout motif mélodique, rythmique ou chanté, généralement court, conçu pour capter instantanément l’attention de l’auditeur et s’imprimer dans sa mémoire. Il peut tout aussi bien être un riff4Séquence musicale répétée à la guitare, au clavier ou un autre instrument, qui sert de base mélodique ou rythmique à une chanson. – une courte séquence musicale –, un gimmick5Élément sonore qui attire l’attention ou qui distingue une chanson. Caractérise parfois un tic, une mode passagère ou une caractéristique distinctive d’un genre. – un élément distinctif musical ou vocal – ou même un refrain – la partie répétée d’une chanson constituant le cœur du morceau. Toutefois, contrairement aux riffs, gimmicks ou refrains, qui désignent des éléments spécifiques liés à la structure d’une chanson, le hook est un concept global qui définit tout élément musical dont l’ambition est d’accrocher l’attention de l’auditeur.

Ainsi, il peut prendre diverses formes au sein d’un morceau, comme :

  • une ligne mélodique :

> les lignes de xylophone électronique dans Shape of You d’Ed Sheeran,
> les nappes de synthétiseurs années 1980 dans Blinding Lights de The Weeknd,
> synthés atmosphériques et voie vocordée de Au DD de PNL ;

  • fait de paroles ou d’une phrase :

> la scansion de « Alors on danse » dans Alors on danse de Stromae,
> la répétition de « Oh Djadja ! » dans Djadja de Aya Namakura,
> le mantra chanté « We found love in a hopeless place » dans We Found Love de Rihanna (en duo avec Calvin Harris) ;

  • une séquence rythmique :

> la percussion martelée et répétitive de Basique d’Orelsan,
> le clap des mains dans Happy de Pharrell Williams,
> le groove rythmique entre batterie, basse et cuivres dans Uptown Funk! de Mark Ronson (en duo avec Bruno Mars) ;

  • une rupture de tempo ou shift harmonique :

> le changement de tempo entre le refrain et les couplets dans Autobahn de SCH,
> la rupture de rythme et changement d’atmosphère à la fin de Bad Guy de Billie Eilish,
> le déséquilibre entre la ligne de piano et le rythme dans HUMBLE de Kendrick Lamar ;

  • une variation ou répétition vocale :

> la variation entre le flow rapide et le refrain plus chanté dans Dommage de Big Flo et Oli,
> la voix passée à l’autotune6Outil de traitement vocal (sur)utilisé en production musicale pour corriger les imperfections de la voix ou modifier son ton, puis dévoyé de manière créative pour produire des effets de voix robotique et stylisée. dans Believe de Cher,
> l’accalmie avant le pont dans Drivers License de Olivia Rodrigo ; 

  • et même un silence:

> le silence stratégique avant le drop7Moment dans une chanson où la musique change brusquement de dynamique, souvent après un build up ; point culminant où la basse et les percussions deviennent très présentes, provoquant une réaction énergique du public. Le build up est quant à lui la phase progressive où l’intensité musicale augmente avant un moment clé, comme un drop ou un refrain. du refrain dans We Found Love de Rihanna,
> le silence juste avant le refrain de Je m’en vais de Vianney,
> le très court silence avant le refrain dans Toxic de Britney Spears.

Darwinisme du hook : son évolution de 1950-2010

En réalité, le hook ne date pas d’aujourd’hui. Les musiciens des siècles précédents étaient des Messieurs Jourdain de l’accroche musicale qu’ils maîtrisaient sans le savoir. On en trouve déjà des traces à l’œuvre chez Beethoven dans la Symphonie n°5 (« ta-ta-ta-taaaaa »), dans le Boléro de Ravel (avec son ostinato rythmique et la force de la répétition) ou chez Vivaldi dans Les Quatre Saisons (la mélodie ascendante et allègre du violon dans Le Printemps premier mouvement).

Mais son utilisation délibérée, comme vecteur d’accroche, débute dans les premières années du XXe siècle, alors que la musique a clairement des visées commerciales et populaires, notamment via des supports et des médias de masse : par exemple avec Rhapsody in Blue de Gerschwin (le glissando de clarinette) où l’enjeu consiste à mettre en place des mélodies simples et mémorisables.

Puis le hook a perfectionné son design sonore en s’adaptant aux évolutions culturelles, stylistiques et technologiques de la musique pour remplir toujours plus pleinement sa mission : surprendre et accrocher.

Les années 1950 voient naître le hook moderne avec le blues, le rock’n roll, la soul, le doo-wop se concentrant sur des riffs et des refrains répétitifs conçus clairement pour la radio et la danse, comme dans les « usines à hits » tels que le Brill Building à New York, le Sun Studio à Memphis ou les débuts du label Motown à Detroit.

Dans les années 1960, on assiste à une invention et une expérimentation grâce à l’évolution du rock et des courants psychédéliques et aux disruptions techniques élaborées en studio avec des hooks plus sophistiqués comme chez les Beatles (le riff de guitare de Day Tripper, le motif de La Marseillaise dans All you Need is Love, l’intro de Come Together…) ou chez les Rolling Stones (le riff de Satisfaction, le rythme percussif de Sympathy for the Devil ou la ligne de chant plaintive de Angie…).

Les années 1970 consacrent l’explosion et l’exploration des genres à la fois du côté du rock classique ou progressif, de la pop, de la funk et du disco avec Superstition de Stevie Wonder qui est l’épitomé du hook des années 1970 avec son double hook (batterie + riff syncopé de clavinet) qui prend l’auditeur en tenaille dès l’intro, avec Staying Alive des Bee Gees ou, à l’opposé, des hooks atmosphériques comme la prouesse vocale improvisée de Clare Torry dans The Great Gig in the Sky de Pink Floyd ou les sons de pluie et de tonnerre à l’arrière-plan dans Riders on the Storm des Doors.

Dans les années 1980, l’apparition des synthétiseurs, la production électronique, l’émergence de la bande FM et de la culture MTV ouvrent de nouveaux horizons sonores aux auditeurs. C’est l’arrivée des refrains puissants où l’accroche prend une place plus importante et entre en fusion avec les clips musicaux, où les hooks se doublent également d’effets visuels. Comme avec la ligne de basse dans Billie Jean de Michael Jackson, la ligne de batterie de In The Air Tonight de Phil Collins, les hooks à répétition de Blue Monday, le hit révolutionnaire de New Order, influençant la house, la techno et la dance music des décennies suivantes, ou encore les refrains entêtants de Like a Virgin de Madonna ou I Want Your Sex de George Michael.

Dans les années 1990, on assiste à une diversification avec les influences du hip-hop, du RnB ou du grunge. L’usage du sampling8Utilisation d’un extrait d’une chanson ou d’un enregistrement existant dans une nouvelle composition musicale. transforme la manière de façonner les hooks et des boucles qui prennent une autonomie par rapport au morceau, se faisant encore plus présents et pouvant même servir plusieurs fois grâce à leur réutilisation dans les remix. On a à la fois le riff de guitare rageuse de Smells Like Teen Spirit de Nirvana, les refrains aguicheurs à la I Want It That Way des Backstreet Boys ou à la Wannabee des Spice Girls, les samplings et les boucles de Still D.R.E. de Dr. Dre ou de Porcelain de Moby…

Les années 2000 marquent le mélange des genres ; les hooks assoient toujours plus leur domination en devenant à la fois plus compacts et plus sophistiqués, comme danslaligne de cuivre samplée de Crazy in Love de Beyoncé, avec une forte influence de l’électro et de l’autotune comme dans One More Time des Daft Punk.

Le saut qualitatif : l’avènement du hook 2.0 (depuis 2010)

Si jusqu’alors le hook s’est constamment adapté aux évolutions stylistiques, aux techniques de mixage et de sampling ou de genres, à partir des années 2010 avec l’émergence du streaming, ce sont des facteurs exogènes qui le font radicalement évoluer. Le hook prend une nouvelle dimension.

L’avènement des plateformes de streaming et de TikTok lui fait opérer un changement de degré et de nature, en discontinuité par rapport au hook traditionnel, pour devenir ce que nous appellerons le hook 2.0. Le hook en se mutant en hook 2.0 devient plus court, plus compact et plus percussif ; il gagne en autonomie, s’intégrant moins que l’accroche traditionnelle à la structure organique du morceau.

De même, sa fonction s’affine avec des enjeux plus précis :

  • maximiser la rétention du morceau sur les plateformes : en incitant l’auditeur à rester sur la chanson au lieu d’actionner la fonction skip9Globalement, action de zapper un morceau pendant l’écoute. On parle de « skip » lorsqu’un utilisateur interrompt la lecture d’un morceau avant qu’il n’atteigne le seuil de durée d’écoute au-delà duquel il est comptabilisé comme une écoute par les plateformes (généralement fixé à 30 secondes)., mais aussi en l’encourageant à revenirpour réécouter la chanson ;
  • s’adapter aux formats courts sur TikTok, Instagram Reels ou YouTube Shorts avec la chance de devenir viral et de booster l’écoute du morceau entier sur les plateformes de streaming ;
  • créer une identité musicale reconnaissable, une forme de branding sonore qui rapproche de fait le hook 2.0 du jingle10Morceau musical court et accrocheur utilisé à des fins publicitaires. Il est conçu pour être mémorisable, de manière à associer une marque ou un produit à une mélodie facilement reconnaissable. publicitaire.
AspectHook traditionnelHook 2.0
DéfinitionPartie mémorisable d’une chanson (mélodie, paroles, riff) qui capte l’attention et reste en têteSegment court et percutant conçu pour maximiser l’engagement sur les plateformes numériques
DuréeVariable, souvent intégrée dans une structure classique de type couplet-refrainCompact (on parle parfois de micro-hook) plus naturellement viralisable, adapté aux formats rapides comme des réseaux sociaux
Objectif principalRendre la chanson mémorisable et favoriser les ventes physiques ou radioGénérer de la viralité et des écoutes répétées en streaming
Structure musicaleForme un tout organique en s’insérant dans la composition globale avec des transitions naturellesVit presque de façon autonome : de nature sécable et isolée, il peut se partager indépendamment du reste de la chanson
Impact technologiqueInfluencé principalement par les technologies de composition et de production : séquenceur, sampling, mixage…Fortement influencé par les technologies de diffusion : par le streaming et ses contraintes et par les réseaux sociaux, favorisant la diffusion rapide et la viralité

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Fonction du hook

Le hook 2.0 comme force motrice du succès

Mais, au-delà, le hook 2.0 a transformé la nature même de la chanson. Par un effet de révolution copernicienne, le hook 2.0 est devenu le centre de gravité de la chanson. Alors que l’accroche traditionnelle constituait une forme de bonus, le hook 2.0 tend à devenir l’élément central d’un titre et son ADN (alors qu’avant l’élément central était la mélodie et le refrain). D’ailleurs, les auteurs-compositeurs et producteurs contemporains adoptent désormais une approche hook driven où l’accroche devient l’élément dynamique et moteur d’un titre.

Le hook 2.0 est parfaitement profilé pour obéir aux nouvelles dynamiques d’audience de l’âge algorithmique, répondant aux trois dimensions de la nouvelle loi d’airain de l’économie du streaming où l’auditeur doit être :

  • capté,
  • capturé,
  • captivé.

Le hook 2.0 vise donc à :

  • capter l’attention de l’auditeur bombardé des contenus de toutes sortes pour émerger du flot bouillonnant de l’économie de l’attention ;
  • le capturer au moins 30 secondes, car le stream n’est comptabilisé sur les plateformes qu’une fois passé ce seuil ;
  • et le captiver pour qu’il revienne, car la métrique du streaming est fonction du nombre d’écoutes (vs. l’achat unitaire d’un titre ou d’un album à l’ère solide). La rémunération par écoute étant epsilonesque11Spotify paie entre 0,003 et 0,005 dollar par stream. Les autres plateformes offrent des rémunérations variables : Apple Music : 0,0086 euro par stream ; Deezer : 0,0046 euro ; Amazon Music : 0,0043 euro ; YouTube Music : 0,0014 euro. Cf. « Combien Spotify paie-t-il par stream en 2025 », Ditto Music, 6 janvier 2025., ce n’est pas seulement sur le nombre d’auditeurs qu’il faut compter, mais sur le nombre d’écoutes per capita. C’est ce que l’on appelle la replay value12Capacité d’une chanson à inciter les auditeurs à l’écouter à nouveau. littéralement la « valeur de réécoute ».

Ainsi le hook 2.0 est-il devenu ce rasoir à trois lames permettant d’abord de happer l’auditeur, ensuite de le conserver le temps de la chanson et, enfin, de l’inciter à revenir. C’est un graal au triple pouvoir : attractif, engageant et addictif.

De la même façon, chaque partie de la chanson contient des éléments accrocheurs, conçus comme des hooks. Ainsi, il n’est pas rare qu’une chanson soit formée d’une suite d’accroches : elle commence in media res avec un hook en intro, se poursuit par un hook et se termine par un, voire d’autres hooksad libitum

Les hooks en rafale

Il n’est donc pas rare de voir des titres comporter plusieurs accroches de natures différentes qui donne aux morceaux des allures de hooks à répétition permettant au morceau d’exercer une attraction constamment renouvelée.

Avec Uptown Funk! de Mark Ronson, en duo avec Bruno Mars, on peut compter a minima cinq hooks dans la chanson :

  1. l’intro instrumentale avec le riff de guitare et le rythme,
  2. le pré-refrain vocal répété en crescendo (« Girl hit your hallelujah ! »),
  3. le refrain instrumental cuivres et basse libératoire,
  4. le refrain principal (« Don’t believe just watch ! ») scandé à plusieurs reprises,
  5. le pont répété plusieurs fois (« Uptown funk you up! »).

Pour Bad Guy de Billie Eilish, on en dénombre au moins cinq :

  1. la ligne de basse minimaliste en intro,
  2. le refrain répété « I’m the bad guy »,
  3. la scansion du « duh »,
  4. le fort contraste généré entre les voix chuchotées et l’instrumental musclé,
  5. le changement de rythme inattendu à la fin.

Sicko Mode de Travis Scott ne possède pas moins de quatre hooks dans sa composition modulaire en trois sections distinctes aux rythmes, flows et ambiances différentes. 

Nécessairement, cette utilisation atomisée du hook entraîne des transformations plus profondes.

Comment le hook 2.0 a transformé l’ADN des chansons

L’émergence d’une nouvelle forme d’accroches a révélé et entraîné à la fois des changements plus profonds dans la structure même des chansons : à travers sa prééminence, il signale une mutation profonde de la nature du hit dans son code génétique.

Dans un article publié en 2021 dans le New York Times, Nate Sloan et Charlie Harding, deux journalistes musicaux, ont passé au crible l’ensemble des titres classés dans le Top 40 du Bilboard sur la décennie 2010-2020, celle de la montée en force du streaming. Ils ont constaté que l’ADN du hit a muté. Le format couplet-refrain – répertorié sous la formule ABABCBB13Modèle commun et iconique de composition musicale pop établi à partir dans les années 1960 : « A » représente le couplet, « B » le refrain et « C » une variation ou un pont. – et qui s’est imposé depuis les années 1960 comme forme canonique de la chanson pop tend à se dissoudre dans les flux du streaming, laissant le champ libre à des structures plus éclatées.

Emily Warren, une jeune chanteuse compositrice qui écrit pour la nouvelle garde de la pop et du RnB (Dua Lipa ou Khalid) , reconnaît d’ailleurs que les artistes qui font appel à ses talents ne lui réclament pratiquement plus de refrains : ils veulent juste des hooks.

Au-delà de la transformation de structure, cela traduit également, notent Nate Sloan et Charlie Harding, une mutation profonde dans la fonction sociale de la musique. Là où le refrain portait une forme d’engagement collectif (le terme « chorus » signifie « refrain » et dérive du latin pour désigner le « chœur »), le hook, lui, vise à « crocheter » directement l’attention de l’auditeur immergé dans l’économie de l’attention.

En ce sens, il est intéressant de noter que le hook 2.0 n’est pas par hasard le contemporain du like : comme ce dernier, l’accroche est un pourvoyeur de dopamine et un vecteur d’engagement pour l’écoute (et la réécoute) d’une chanson.

Hook 2.0 et taylorisation du travail

L’émergence du hook 2.0 avec ses nouveaux enjeux a conduit également à une nouvelle approche dans le travail d’écriture des chansons proprement dit avec un phénomène aussi saillant que paradoxal : une inflation galopante du nombre des auteurs-compositeurs pour une même chanson.

Dans les années 1970, il fallait compter en moyenne 1,7 personne pour figurer au Top 100 du Bilboard. Dans les années 2020, on est passé à 4,5. Il n’est pas rare de voir une vingtaine d’auteurs crédités pour une chanson au point que les écuries d’écriture prennent parfois des allures d’armées mexicaines : Believe de Cher a été écrit par 7 personnes ; Uptown Funk! de Mark Ronson et Bruno Mars en crédite 11 ; Beyoncépour la chanson Alien Superstar de son album Renaissance a réuni 24 artistes et Sicko Mode de Travis Scott crédite 30 participants à la conception du titre. 

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène inflationniste. D’abord, le recours de plus en plus fréquent au sampling ou à l’interpolation14Extrait d’une chanson existante pour l’incorporer dans une nouvelle composition ; contrairement au sampling, qui utilise des enregistrements originaux, l’interpolation recrée la mélodie ou les paroles de façon originale. est une des clés d’explication, car il faut en créditer les créateurs. En cas de plusieurs emprunts, la liste s’allonge donc fatalement.

Ensuite, parce que la multiplication des collaborations entre artistes (via des featurings15Collaboration d’un artiste invité sur une chanson d’un autre artiste.), un des modes de survie à l’ère du streaming permettant de cross-fertiliser les fanbases et de créer l’actualité – faisant que chaque artiste arrive avec son écurie d’écriture pour ses parties vocales.

Autre facteur d’explication, les chansons modernes intègrent souvent une diversité d’éléments et d’influences multiculturelles, et pratiquent souvent une fluidité des genres musicaux, nécessitant l’expertise de plusieurs auteurs et compositeurs spécialisés.

Autre facteur d’explication encore, une meilleure reconnaissance aujourd’hui du droit d’auteur et du copyright d’une chanson : aujourd’hui, par exemple, un certain nombre de chansons des Beatles ne seraient pas seulement signées Lennon-McCartney, mais Lennon-McCartney-Martin car George Martin est responsable de certains hooks des Beatles constitutifs à part entière aujourd’hui de l’écriture d’une chanson. Que l’on pense à ses apports mélodiques sur Yesterday, In My Life ou Eleanor Rigby, à ses hooks instrumentaux dans I Am the Walrus, Strawberry Fields Forever ou A Day in the Life et à toutes ses accroches techniques obtenues avec des manipulations virtuoses de bandes magnétiques en studio dans Come Together ou Tomorrow Never Knows

Et, enfin, plus globalement, parce que les superstars de la musique et leurs producteurs, désireux de mettre toutes les chances de leur côté, aiment à s’entourer d’une équipe de spécialistes sur le mode de la « division du travail » comme dans n’importe quelle industrie de pointe, dans le sport ou pour un hold-up.

Chaque superstar veut s’entourer d’une dream team avec ses meilleurs experts dans chaque domaine : son virtuose du groove, son magicien de l’accroche musicale, son génie des paroles, son gourou de l’instrumentation, son as du sampling, son maestro de l’intelligence artificielle (IA)…

Ainsi la confection d’une chanson peut-elle requérir, pour sa seule conception, une kyrielle de nouveaux talents hyperspécialisés dans une division des rôles aux accents tayloristes. En lieu et place de l’auteur-compositeur classique (Bob Dylan, Paul Simon) ou du couple auteur-compositeur (Lennon-McCartney, Bernie Taupin-Elton John, Souchon-Voulzy…), dans la composition d’un titre apparaissent désormais de nouveaux talents hyperspécialisés.

On peut désormais pour la composition d’un hit faire appel à une ou un :

DénominationTâche
ToplinerPrend en charge la mélodie de la ligne vocale (répandu dans la pop, l’électro-dance (EDM) ou le hip-hop où le producteur fournit la base instrumentale pour travailler).
LyricistRédige les paroles (l’auteur de jadis) avec une visée narrative en phase avec le storytelling de l’artiste.
Hook WriterSpécialisé dans l’apport des hooks (les accroches musicales).
Beat MakerChargé de créer la fondation rythmique et d’insuffler le groove au morceau avec les lignes de basses et de batterie.
Chorus SpecialistSpécialement chargé du refrain (souvent en compétition avec le Hook Writer).
Pre-Chorus et Bridge WriterUltraspécialisé dans l’écriture des ponts et des pré-refrains pour apporter de la variété et mettre en valeur les refrains.
Post-Chorus Designer/Drop WriterCrée un moment marquant après le refrain (le drop, souvent instrumental hérité de l’électro-dance), visant à augmenter la charge énergétique du morceau en créant un climax.
Vocal ProducerCoach vocal de l’artiste, chargé d’insuffler des modulations et des variations émotionnelles et mélodiques à la ligne vocale de l’artiste.
Mood WriterChargé d’écrire des paroles ou de composer des mélodies répondant à la palette d’émotion choisie (« feel good », « vintage vibe », « dark mystic », « sad banger16Terme informel utilisé pour décrire une chanson conçue pour être un succès dans les clubs ou lors des concerts (l’équivalent sonore du blockbuster). », etc.).
Concept DeveloperChargé d’imaginer des thèmes ou des idées à l’origine d’une chanson pour lui donner une direction émotionnelle et narrative claire.
Cultural ConsultantConseille sur l’intégration d’éléments culturels ou linguistiques, en validant l’authenticité auprès de publics spécifiques tout en veillant à la sensibilité culturelle de chaque pays.
AI/Technology SpecialistUtilise les outils d’IA pour générer des idées de paroles, de mélodies ou d’arrangements, analyser les tendances et automatiser certaines tâches de composition.

Au passage, on ne manquera pas de noter l’ironie de l’époque : pendant que beaucoup s’inquiètent – ou se mettent à rêver – que, grâce à l’IA, on puisse un jour se passer d’êtres humains pour composer de la musique, en attendant on n’a semble-t-il jamais eu autant besoin de personnes réelles pour fabriquer un hit !

Valeur du hook

Robinets à hooks : vers des chansons surimi ou des hits transgéniques ?

Va-t-on avec ce recours intensif à l’accroche comme mode de survie et volonté de puissance à l’ère du streaming vers des titres simples robinets à hooks ? La musique hook driven, en déstructurant les titres, nous porte-t-elle vers une musique déspécifiée, vers une forme de surimi musical ? Ou vers une musique transgénique, une chimie sans alchimie, où les titres deviennent de la musique transgénique générée par IA ?   

Le risque existe bien évidemment. Et, dans une certaine mesure, nous y sommes déjà. Il existe déjà une offre abondante de générateurs de hooks musicaux à base d’intelligence artificielle permettant de créer rapidement des mélodies catchy et de structurer des refrains ou des motifs musicaux accrocheurs17Suno.ai, AiMusicGen.ai, Musix ou MusicHero par exemple..

De même, il existe déjà une quantité impressionnante de musique uniquement générée par IA sur les plateformes de streaming. Deezer a signalé que, chaque jour, environ 10 000 titres entièrement créés par IA sont ajoutés à son service, représentant environ 10% de son contenu quotidien18Alexandre Schmid, « Deezer est envahi par la musique générée par IA, la plateforme veut la supprimer des recommandations », Phonandroid, 24 janvier 2025..

Reste que ce n’est, encore une fois, pas nouveau. Cette hubris du hook, même si elle a pris un tour plus systématique et industriel, n’a pas attendu les plateformes, les réseaux sociaux et l’IA pour se manifester de façon frénétique. Que l’on pense notamment aux usines à hooks aguicheurs que furent l’Italo Disco des années 1980 (Boys, Boys, Boys de Sabrina), la pop britannique des années 1980/90 du trio de producteurs Stock Aitken & Waterman (Never Gonna Give You Up de Rick Astley qui a ressuscité sous forme de mème avec Internet ou I Should Be So Lucky de Kylie Minogue) ou la Bubble Gum Pop des années 2000 (Baby One More Time de Britney Spears ou I Want It That Way des Backstreet Boys), etc., qui n’ont rien à envier à l’Hyperpop ou à la K-pop d’aujourd’hui.

Le hook n’est pas une pure mécanique sans âme

Autre question préoccupante : les nouveaux artistes sont-ils condamnés à devenir des forçats de l’addiction ? Et nous des chiens de Pavlov salivant au moindre hook ?

Pourtant, le pire n’est pas certain, parce que l’on constate chez les musiciens et producteurs d’aujourd’hui une réelle virtuosité dans la production de leurs hooks. Les accroches musicales devant par définition surprendre l’auditeur, elles sont condamnées à être originales dans leur nature et dans leur mise en œuvre.

L’utilisation du hook en rafale que nous évoquions plus haut peut aussi créer un spectacle fascinant : celui d’une chanson qui offre la même sensation de haute précision que celle que provoquent les complications des montres de haute-horlogerie. On peut admirer la même technicité et maîtrise chez le musicien qui ajuste ses hooks pour les fondre dans sa chanson que celle à l’œuvre chez un maître-horloger qui assemble minutieusement chaque complication au mouvement global de sa montre, comme dans Get Lucky de Daft Punk en duo avec Pharrell Williams, où la guitare rythmique et le clavier créent un effet staccato hyper précis…

Assimiler le hook à une pure fonction mécanique et pavlovienne est réducteur. Qu’il soit un vecteur d’efficacité d’un morceau ne l’empêche pas d’être une source de créativité et d’émotion. Bon nombre d’artistes se plient à cette nouvelle contrainte sans pour autant céder à l’aspect clinquant ou surproduit que cela présuppose, mais au contraire en s’en jouant de manière subtile par des nuances qui enrichissent la profondeur mélodique et émotionnelle de leur musique.

Bad Guy de Billie Eilish, un des plus gros succès de 2019, couronné par deux Grammy Awards, est, comme nous l’avons vu un réservoir à hooks. Et pourtant, il n’a absolument rien de pavlovien et de mécanique. Le titre ne cesse au contraire de déjouer nos attentes. Il propose une sorte de labyrinthe émotionnel d’autant plus addictif qu’il s’amuse à tromper, par un jeu virtuose d’effets, les attentes typiques d’une pop song, livrant par effraction un riff au synthétiseur lugubre et cartoonesque aussi improbable que libérateur.

De la même façon, Cardigan de Taylor Swift, sorti en 2020, opère un effacement de toute digue entre les différentes sections dans un entrelacs d’émotions à la fluidité préraphaélite. Ce qui paradoxalement rend le titre redoutable : sans refrain mais par la grâce de hooks quasi subliminaux, sa magie et son mystère, au lieu de se dissiper, ne font que se renforcer au fil des écoutes.

Ainsi, le hook n’est pas une accroche mécanique sans âme. Il peut se révéler subtil, comique, émouvant, ironique et même méta.

ExempleDescription
SubtilExile – Taylor Swift et Bon IverDialogue vocal délicat entre les artistes, créant une tension émotionnelle discrète.
ComiqueOld Town Road – Lil Nas XContraste entre le hook country et le texte trap, créant une atmosphère humoristique improbable.
ÉmouvantDrivers License – Olivia RodrigoHook poignant avec montée en puissance de la mélodie capturant le chagrin et la nostalgie.
IroniqueApple – Charlie XCXJoue avec des sonorités ultra-commerciales tout en y intégrant des éléments expérimentaux et de déconstruction (cf. sa chorégraphie sur TikTok)
MétaBlinding Lights – The WeekndHook de synthé en clin d’œil aux années 1980 tout en intégrant des sonorités contemporaines, ce qui en fait un commentaire méta de l’évolution de la pop.

Du hook considéré comme un des beaux-arts

Par les multiples possibilités d’expressions artistiques qu’offre le hook, il est parfaitement loisible d’assimiler l’art de l’accroche musicale à l’un des beaux-arts avec tous les styles du canon représentés.

StyleDescription Exemple de chansonCaractéristiques du hook
ApollinienDes hooks équilibrés, lumineux, structurés, jouant sur l’ordre et la clarté harmonique. Golden – Harry StylesMélodie fluide et claire, une ode au classicisme pop.
BaroqueDes hooks complexes faits de contrastes prononcés, d’enchevêtrements harmonieux et de formes ornementales. Ivy– Frank OceanContrepoints complexes et couches ornementales, créant un tissu musical enivrant.
BrutDes hooks intenses, dramatiques, avec des dissonances, du lyrisme ou une brutalité sèche. Black Skinhead – Kanye WestPercussions tribales, cris, distorsion : un son brut et viscéral.
DionysiaqueDes hooks instinctifs, sensuels, pulsionnels, faits pour le lâcher-prise et la transe Uptown Funk! – Mark Ronson en duo avec Bruno MarsGroove imparable, refrain scandé, incitant au lâcher-prise et à la danse.
FauveDes hooks aux couleurs vives et éclatantes The Less I Know The Better – Tame ImpalaMélange de synthés psychédéliques et de basses colorées créant une ambiance éclatante.
ImpressionnisteDes hooks qui évoquent des paysages sonores diffus, des harmonies vaporeuses et une atmosphère sensorielle Motion – KhalidNappe de synthétiseurs au groove insaisissable, créant une sensation de flou
MonochromeDes hooks à la palette sonore minimaliste Summertime Sadness – Lana Del ReyRefrain simple et répétitif, palette sonore unifiée créant une atmosphère mélancolique
PointillisteDes hooks qui utilisent des éléments sonores fragmentés, des motifs rythmiques hachés, des textures éclatées Windowlicker – Aphex TwinHook synthétique qui saute d’une note à l’autre comme des touches de couleurs sonores
PréraphaéliteDes hooks évoquant une beauté nostalgique, une mélancolie onirique, un retour aux canons esthétiques d’un passé idéalisé Willow – Taylor SwiftMélodie médiévale, cordes envoûtantes, ambiance de conte fantasy
RenaissanceDes hooks symétriques, harmoniques à la recherche de l’émotion pure Unfinished Sympathy – Massive AttackTension et apaisement, crescendos émotionnels luxuriants
Saint-sulpicienDes hooks spirituels, solennels ou transcendants Halo – BeyoncéHook choral, cordes majestueuses et ambiance angélique

Conclusion. Au-delà du hook : la vérité est ailleurs

À travers ce voyage au centre du hook, il a été possible de voir en quoi cette accroche musicale pouvait être un vecteur efficace d’attention et de rétention pour une chanson.

Toutefois, attention, l’abus de hook peut être dommageable à la chanson : il peut devenir un puissant répulsif. D’ailleurs, une grande partie des auditeurs tentent d’échapper à cet empire croissant du hook en se réfugiant dans les contrées ambient et éthérées de l’ambiance (le mood19Atmosphère émotionnelle d’un morceau.). En témoigne le succès croissant des playlists de musique fonctionnelle20Morceaux ou sons créés pour accompagner des activités spécifiques : méditation (avec des drones sonores ou des mantras), relaxation (à base de bruits de la nature, d’ambient ou d’ASMR), concentration (avec des sons binauraux ou de la musique lo-fi), sommeil (à base de bruits blancs ou bruns ou des bruitages de pluie…).. Ils cherchent à fuir la viralité des formats courts à la structure optimisée et privilégiant des écoutes prolongées, et se détournent de l’engagement pour adopter un fond sonore d’accompagnement… en allant jusqu’à plébisciter des playlists de « bruits blancs » (pour se concentrer ou dormir) qui se caractérisent précisément par une absence totale de hooks – le bruit blanc étant au hook ce que l’antimatière est à la matière : son exact opposé et son antidote.

Il est vrai que les grands artistes se reconnaissent aussi au fait qu’ils dépassent cette dichotomie : le hook n’est qu’un simple accès vers un univers plus secret, une porte dérobée par laquelle l’on accède au monde sensoriel et narratif de l’artiste.

Car la vérité est ailleurs : si les Billie Eilish, Taylor Swift, Franck Ocean, Lil Nas X, Stromae, Aya Nakamura, Charlie XCX ou Olivia Rodrigo (liste non exhaustive) parviennent à capter des millions d’auditrices et d’auditeurs avec des hooks sonores, ce sont par des accrochessubliminales, celles tissées au fil du temps par un dialogue entretenu, chanson après chanson, concert après concert, qu’ils parviennent à les captiver.

Même aujourd’hui à l’ère du streaming, des réseaux sociaux et de l’attention fractionnée, l’artiste parvient à tisser, au-delà des accroches, une intimité à la fois artistique, sonore, esthétique, narrative avec chacun de ses auditeurs : une affinité au-delà des hooks. Car c’est beaucoup plus par le fil ténu de l’intimité que par les puissants crochets sonores que les artistes nous accrochent à eux.

Playlist : 50 nuances de hook

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Par ordre d’apparition :

  1. Shape of You – Ed Sheeran (2017) 
  2. Blinding Lights – The Weeknd (2019) 
  3. Au DD – PNL (2019) 
  4. Alors on danse – Stromae (2009)
  5. Djadja – Aya Nakamura (2018)
  6. We Found Love – Rihanna feat. Calvin Harris (2011) 
  7.  Basique – Orelsan (2017)
  8. Happy – Pharrell Williams (2013)
  9. Uptown Funk! – Mark Ronson feat. Bruno Mars (2014)
  10. Autobahn – SCH (2016)
  11. Bad Guy – Billie Eilish (2019) 
  12. HUMBLE – Kendrick Lamar (2017) 
  13. Dommage – Bigflo & Oli (2017)
  14. Believe – Cher (1998)
  15. Drivers License – Olivia Rodrigo (2021) 
  16. Je m’en vais – Vianney (2016)
  17. Toxic – Britney Spears (2003)
  18. Rhapsody in Blue – George Gershwin (1924)
  19. Boléro – Maurice Ravel (1928)
  20. Les Quatre Saisons – Le Printemps (premier mouvement) – Antonio Vivaldi (1725)
  21. Day Tripper – The Beatles (1965)
  22. All You Need is Love – The Beatles (1967)
  23. Come Together – The Beatles (1969)
  24. Satisfaction – The Rolling Stones (1965)
  25. Sympathy for the Devil – The Rolling Stones (1968)
  26. Angie – The Rolling Stones (1973)
  27. Superstition – Stevie Wonder (1972)
  28. Stayin’ Alive – Bee Gees (1977)
  29. The Great Gig in the Sky – Pink Floyd (1973)
  30. Riders on the Storm – The Doors (1971)
  31. Billie Jean – Michael Jackson (1982)
  32. Blue Monday – New Order (1983)
  33. In The Air Tonight – Phil Collins (1981)
  34. Like a Virgin – Madonna (1984)
  35. I Want Your Sex – George Michael (1987)
  36. Smells Like Teen Spirit – Nirvana (1991)
  37. I Want it That Way – Backstreet Boys (1999) 
  38. Wannabe – Spice Girls (1996)
  39. Still D.R.E. – Dr. Dre (1999)
  40. Porcelain – Moby (1999)
  41. Crazy in Love – Beyoncé feat. Jay-Z (2003)
  42. One More Time – Daft Punk (2000)
  43. Get Lucky – Daft Punk feat. Pharrell Williams (2013) 
  44. Sicko Mode – Travis Scott (2018) 
  45. Cardigan – Taylor Swift (2020)
  46. Exile – Taylor Swift & Bon Iver (2020)
  47. Old Town Road – Lil Nas X (2019) 
  48. Apple – Charli XCX (2022)
  49. Golden – Harry Styles (2019)
  50. Ivy – Frank Ocean (2016)
  51. Black Skinhead – Kanye West (2013)
  52. The Less I Know the Better – Tame Impala (2015)
  53. Motion – Khalid (2018)
  54. Summertime Sadness – Lana Del Rey (2012)
  55. Windowlicker – Aphex Twin (1999)
  56. Willow – Taylor Swift (2020)
  57. Unfinished Sympathy – Massive Attack (1991)
  58. Halo – Beyoncé (2008)

Cette playlist est disponible sur Spotify.

  • 1
    Service qui permet de diffuser de la musique en temps réel via Internet sans avoir besoin de la télécharger au préalable.
  • 2
    L’économie de l’attention désigne un modèle où les contenus sont conçus pour capter et retenir l’attention des utilisateurs, souvent en maximisant l’engagement par des formats courts, immersifs ou addictifs.
  • 3
    Parmi ce 1% des artistes qui captent 90% des écoutes globales du streaming, 10% concentrent 99,4% des écoutes. 90% des artistes reçoivent moins de 1000 euros par an de revenus du streaming, même avec jusqu’à 100 000 écoutes de leurs titres. Cf. Jonathan Schmutz, « Ce que vous ignorez sur le streaming musical ! », Top Music, 6 novembre 2024.
  • 4
    Séquence musicale répétée à la guitare, au clavier ou un autre instrument, qui sert de base mélodique ou rythmique à une chanson.
  • 5
    Élément sonore qui attire l’attention ou qui distingue une chanson. Caractérise parfois un tic, une mode passagère ou une caractéristique distinctive d’un genre.
  • 6
    Outil de traitement vocal (sur)utilisé en production musicale pour corriger les imperfections de la voix ou modifier son ton, puis dévoyé de manière créative pour produire des effets de voix robotique et stylisée.
  • 7
    Moment dans une chanson où la musique change brusquement de dynamique, souvent après un build up ; point culminant où la basse et les percussions deviennent très présentes, provoquant une réaction énergique du public. Le build up est quant à lui la phase progressive où l’intensité musicale augmente avant un moment clé, comme un drop ou un refrain.
  • 8
    Utilisation d’un extrait d’une chanson ou d’un enregistrement existant dans une nouvelle composition musicale.
  • 9
    Globalement, action de zapper un morceau pendant l’écoute. On parle de « skip » lorsqu’un utilisateur interrompt la lecture d’un morceau avant qu’il n’atteigne le seuil de durée d’écoute au-delà duquel il est comptabilisé comme une écoute par les plateformes (généralement fixé à 30 secondes).
  • 10
    Morceau musical court et accrocheur utilisé à des fins publicitaires. Il est conçu pour être mémorisable, de manière à associer une marque ou un produit à une mélodie facilement reconnaissable.
  • 11
    Spotify paie entre 0,003 et 0,005 dollar par stream. Les autres plateformes offrent des rémunérations variables : Apple Music : 0,0086 euro par stream ; Deezer : 0,0046 euro ; Amazon Music : 0,0043 euro ; YouTube Music : 0,0014 euro. Cf. « Combien Spotify paie-t-il par stream en 2025 », Ditto Music, 6 janvier 2025.
  • 12
    Capacité d’une chanson à inciter les auditeurs à l’écouter à nouveau.
  • 13
    Modèle commun et iconique de composition musicale pop établi à partir dans les années 1960 : « A » représente le couplet, « B » le refrain et « C » une variation ou un pont.
  • 14
    Extrait d’une chanson existante pour l’incorporer dans une nouvelle composition ; contrairement au sampling, qui utilise des enregistrements originaux, l’interpolation recrée la mélodie ou les paroles de façon originale.
  • 15
    Collaboration d’un artiste invité sur une chanson d’un autre artiste.
  • 16
    Terme informel utilisé pour décrire une chanson conçue pour être un succès dans les clubs ou lors des concerts (l’équivalent sonore du blockbuster).
  • 17
    Suno.ai, AiMusicGen.ai, Musix ou MusicHero par exemple.
  • 18
  • 19
    Atmosphère émotionnelle d’un morceau.
  • 20
    Morceaux ou sons créés pour accompagner des activités spécifiques : méditation (avec des drones sonores ou des mantras), relaxation (à base de bruits de la nature, d’ambient ou d’ASMR), concentration (avec des sons binauraux ou de la musique lo-fi), sommeil (à base de bruits blancs ou bruns ou des bruitages de pluie…).

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