France, 24 Mars 2010

Rencontre avec l’Institut des processus démocratiques et sociaux de Kiev

Partenariat pour des actions en direction de la jeunesse

La Fondation Jean-Jaurès travaille depuis de nombreuses années en partenariat avec le Parti socialiste d’Ukraine. Elle vient également, afin d’élargir son action à la société civile, et plus particulièrement aux jeunes, de nouer un partenariat avec l’ONG « Institut des processus démocratiques et sociaux », dirigée par l’ancien député Vitaly Shybko.

La Fondation a pendant de longues années coopéré avec le Parti socialiste d’Ukraine (SPU) au travers de stages de formation en direction des élus, des jeunes ou des femmes afin de l’aider dans son organisation naissante ou dans l’action de terrain par des séminaires thématiques contribuant à sa réflexion programmatique. Ce partenariat était très important pour la Fondation, qui a toujours tenu à participer au développement des pratiques démocratiques, qui sont récentes dans ce pays aux marges de l’Union.

Malheureusement, après une période faste suivant la « Révolution orange » où le SPU était bien représenté au Parlement et participait au gouvernement, il a petit à petit disparu au niveau national, perdant tous ses députés aux dernières élections, mais conservant un réseau de militants et des conseillers municipaux.

Cette situation précaire est bien insuffisante, pour le moment, pour jouer un véritable rôle dans la classe politique actuelle. Rôle d’autant plus improbable que la scène politique ukrainienne est instable - la réforme constitutionnelle souhaitable étant par ailleurs impossible - même si le président Yanoukovitch qui vient d’être élu a réussi pour le moment à obtenir - de façon contestable - une majorité. Mais pour quoi faire ? Car elle est très composite et reflète des aspirations souvent contradictoires.

Ceci est d’autant plus inquiétant que les effets du gouvernement Timoshenko et les conséquences de la crise mondiale laissent le pays dans une situation économique catastrophique : dette vertigineuse, désindustrialisation, angoisse pour les versements des salaires et des pensions, tentations d’expatriations des plus jeunes. Ayant pratiqué une politique « populiste » en termes de déclarations ou de symboles, mais libérale dans les faits, elle a en outre brouillé les messages politiques et donc les repères de la population vis à vis de ce que pourrait être une politique économique et sociale nationale efficace.

Par ailleurs, les relations avec la Russie sont toujours tendues et paradoxales. Tout d’abord, les pressions pour que le russe soit la seconde langue officielle sont toujours vives. D’autre part, il n’est pas question pour la Russie de renoncer à sa présence navale en Crimée, mais étant elle même en difficulté, elle n’est peut être pas prête à « faire des cadeaux financiers » à sa voisine ukrainienne qui en aurait pourtant besoin.

Au-delà du marasme économique et des problèmes de voisinage, ce qui inquiète vivement Vitaly Shybko, ancien député aujourd’hui Directeur de l’Organisation non gouvernementale « Institut des processus démocratiques et sociaux » de Kiev, ce sont les conséquences démocratiques et sociales de cette situation sur la population et notamment sur les plus jeunes.

Cet organisme travaille notamment sur les processus d’intégration des catégories les plus fragiles et se préoccupe de la désaffection de plus en plus forte de la population vis à vis de la politique, notamment au niveau électoral.

La montée des populismes, les fortes différences de développement entre régions, mais aussi les tensions linguistiques ne prédisposent pas à l’installation d’une démocratie apaisée et de contrepouvoirs utiles, alors que la « Révolution orange » avait suscité tant d’espoirs et permis des initiatives citoyennes partant de la base qui avaient démontré leur efficacité.

Et pourtant, les nouvelles générations vivent mal et de façon précaire et choisissent bien souvent l’expatriation. Pour l’éviter, elles auraient besoin de repères, de nouveaux chemins à défricher, d’échanges avec l’extérieur, d’outils pour bâtir leur propre avenir et consolider leur fragile démocratie.

Cette démarche est à la fois indispensable d’après Vitaly Shybko, mais possible, car il reste de la « Révolution orange » de 2004 encore beaucoup d’espoirs et de survivances qui ne demandent qu’à être mieux exploités.

La Fondation a, depuis longtemps, comme priorité de ses actions de soutien à la démocratie les actions en direction des jeunes ou de mouvements de jeunesses, afin de favoriser leur initiative citoyenne. Il a été convenu que c’est dans sens que nous devrions coopérer aux projets de l’IDSP de Kiev.

Thèmes : Jeunesse | Société civile (syndicats, associations...) |

Mots-clés : Ukraine | jeunes | démocratie |

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