Serbie,
Formation
La Fondation Jean-Jaurès a comme partenaires en Serbie les mouvements de jeunesse du SDU, regroupés au sein du groupe d'animation "SD9". Depuis quatre ans déjà ils organisent chaque mois de juillet « la semaine de la social-démocratie » qui se structure autour de forums et de rencontres thématiques multilatérales mêlant les différents jeunes acteurs démocrates et progressistes du pays. Depuis c2009, ils ont inauguré un projet original et ambitieux, en créant une "Université de la social-démocratie".
Depuis plusieurs années, la Fondation a comme partenaires en Serbie les mouvements de jeunesse du SDU (formation social-démocrate serbe) comme le SDY qui regroupe, non pas dans une institution supplémentaire, mais au sein du groupe d’animation « SD9 » d’autres organisations de jeunesses politiques de Serbie, mais également de pays voisins, auxquels s’ajoutent des représentants syndicaux et associatifs.
Depuis quatre ans déjà ils organisent chaque mois de juillet « la semaine de la social-démocratie » qui se structure autour de forums et de rencontres thématiques multilatérales mêlant les différents jeunes acteurs démocrates et progressistes du pays. L’originalité de cette rencontre annuelle est d’être aussi l’occasion d’inviter d’autres mouvements de jeunesses des Balkans provenant de Croatie, Slovénie, Bosnie, Monténégro et Macédoine et d’attirer ainsi de jeunes responsables politiques pour qu’ils débattent entre eux de l’avenir et des solutions de la gauche dans cette région, hier encore si divisée. C’est une démarche en plein essor qui fêtera son cinquième anniversaire en 2010 en présence de responsables et élus européens.
Par ailleurs, un « réseau de femmes social-démocrates des Balkans de l’ouest » s’est créé et organisera deux conférences en 2010.
Pour mener à bien ces différentes activités et bénéficier de soutiens plus importants permettant de les développer, un institut a été crée à Belgrade par les responsables de ces mouvements : le « Centre pour les études social-démocrates ».
C’est durant les manifestations telle « la semaine de la social-démocratie », soutenue par les fondations européennes, et dès le début par la Fondation Jean-Jaurès, qu’un projet concret et nouveau a émergé des réflexions sur les besoins politiques et sociaux exprimés par les différents mouvements.
Pour cette première année, un projet pilote a pu fonctionner grâce au soutien de la Fondation Friedrich Ebert. L’UNISD est à présent organisée comme un « programme académique annuel » au cours duquel sont dispensés aux participant(e)s des enseignements sur les problèmes du développement dans l’économie mondiale, les analyses et les solutions social-démocrates dans les sociétés en crise, la démocratisation de la politique et les mobilisations citoyennes par exemple.
En 2009, au-delà des cours théoriques ponctués de discussions de groupes, des ateliers de travail ont été parallèlement organisés avec des acteurs de terrain afin de renforcer les capacités d’action des participant(e)s en les inscrivant dans une analyse concrète des problèmes actuels de leur société, ceci afin de mieux développer leur écoute et d’organiser des dialogues constructifs.
Cette volonté, cette méthode d’approche, conçue comme un tout et indissociable du reste, a vocation dans le même temps à susciter des engagements individuels ou collectifs permettant de faire sur le terrain des propositions de solutions pour répondre aux problèmes rencontrés.
La formation obtenue dans « l’Université » cultive donc à la fois le rapport critique envers la politique, l’histoire et le modèle néolibéral de la modernisation économique et ses conséquences sociales, mais elle tend aussi à encourager et à développer la conscience citoyenne. Ses promoteurs espèrent également transformer une partie des vies sociales de ses étudiants et étudiantes en leur permettant, de cette manière, d’accroître leur capacité à agir sur leur propre environnement.
Quelques exemples de questions traitées durant cette première année de l’UNISD : les valeurs premières du socialisme, les différences entre la social-démocratie classique et la « troisième voie », la relation entre la démocratie et la social-démocratie, les expériences historiques de « l’Etat providence », les spécificités de la social-démocratie dans les pays postcommunistes, l’histoire du socialisme en Serbie, le Keynésianisme, la réaction de la social-démocratie sur la crise économique mondiale, l’internationalisme et l’antifascisme.
Les enseignant(e)s ont été choisi(e)s parmi des universitaires, des responsables d’ONG, de syndicats, de partis politiques qui se retrouvent autour des valeurs de la social-démocratie ou à tout le moins de centre gauche.
Les participant(e)s de 2009 ont été sélectionné(e)s parmi des jeunes qui avaient déjà démontré leur implication sociale par leur engagement citoyen énergique et leur sens de la responsabilité pour promouvoir l’avènement de changements réels en Serbie. Ont été concernés vingt-six participant(e)s, militants d’ONG, de partis politiques comme le SDU, le PD et la Ligue de Voïvodine, ou de syndicats. En tout, treize hommes et treize femmes, parmi lesquels une de nationalité « Rom » et une personne handicapée.
La mission de l’UNISD est certes de développer une meilleure connaissance de la social-démocratie (qui est peu connue ou mal appréhendée en Serbie) et de promouvoir ses principes, ses valeurs : solidarité, justice et égalité sociale, développement des libertés individuelles, lutte contre le nationalisme et contre toutes les formes de discrimination. Cependant, par son engagement, L’UNISD souhaite donner dans les années qui viennent, selon ses moyens, toute son importance à la dimension incitatrice et formatrice des jeunes comme acteurs du changement sur le terrain, comme animateurs pour d’autres initiatives décentralisées. La réalisation de cette ambition dépendra aussi du soutien des acteurs sociaux et sociétaux serbes et étrangers.
C’est la contribution de l’UNISD à la démocratisation de la société serbe par l’implication citoyenne, notamment celle des jeunes dans toutes leurs diversités. C’est en effet une dimension capitale pour aider la Serbie à sortir de ses blocages, de ses dérives qui ont tant entravé sa vie politique et déchiré sa société : miser sur les jeunes générations, leurs qualités à développer des échanges vers l’extérieur est la meilleure chance pour l’avenir démocratique du pays.
L’UNISD a aussi d’autres ambitions : à terme, devenir un centre éducatif reconnu par les autorités éducatives serbes par son implication dans la formation. Elle souhaiterait aussi pouvoir fonctionner tout le long de l’année sous la forme d’un think-tank regroupant des experts, des intellectuels, des responsables du secteur social qui seraient aussi des acteurs solidaires et autonomes s’engageant à proposer et à mettre en œuvre des solutions possibles pour répondre aux défis de la société Serbe d’aujourd’hui.
Cette première session été concluante et l’expérience se poursuit en 2010. La Fondation Jean-Jaurès la soutiendra et enverra également des intervenants.
Tout le long de cette deuxième année, une soixantaine de participant(e)s de toutes les régions de Serbie suivront ainsi les cours de l’UNISD, décentralisés dans trois centres universitaires : à Nis en Serbie centrale, à Belgrade et à Novi Sad en Vojvodine. Le travail sera organisé autour des mêmes thèmes qu’en 2009, mais insistera également sur la connaissance de l’Union Européenne et la démarche d’intégration des Balkans de l’Ouest et de la Serbie.
Thèmes : CEI/Caucase | Jeunesse | Société civile (syndicats, associations...) |
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