Note Histoire et Mémoire
Le discours de 1908, au Congrès de Toulouse de la jeune SFIO, n'est pas celui qui vient spontanément à l'esprit lorsque nous pensons à Jean Jaurès. Il ne contient pas les envolées des grandes interventions parlementaires, il n'a pas la force poignante du discours contre la guerre prononcé dans la cathédrale de Bâle en 1912 ou la gravité empreinte d'espoir du discours à la jeunesse de l'été 1914. Mais, il n'en revêt pas moins une grande importance pour Jean Jaurès lui-même et pour le socialisme français. Ce fut, en effet, ce discours qui consacra la prééminence de Jaurès parmi les socialiste français. Il fait apparaître le "chef" de parti, qui sait affronter la controverse politique, pousse l'adversaire dans ses retranchements mais qui a, tout autant, l'aptitude de dégager les synthèses entraînant l'adhésion. La stature intellectuelle, en effet, aussi éclatante soit-elle, ne suffit pas pour animer une force politique. Le prestige de Jean Jaurès vient aussi de ce qu'il a su assumer les contradictions du socialisme français et, de ses faiblesses tenter d'en faire une force. C'est tout l'enjeu de ce congrès de Toulouse qui, avec le recul, peut être considéré comme un moment fondateur pour la tradition socialiste.
par Lionel Jospin
Pari gagné : menacé d'être cantonné aux marges de la social-démocratie européenne, Lionel Jospin en occupe désormais le cœur. Pari gagné donc. Défi redoutable pourtant : en tenant son cap, en explicitant sa ligne, il lui fallait trouver le bon positionnement entre ces deux risques opposés que constituaient, pour faire bref, la "modernité sans le socialisme" et le "socialisme sans la modernité".
par Pierre Mauroy Eric Perraudeau Thierry Pfister Fabrice d’Almeida
La déclaration de politique générale du 8 juillet 1981
1981 fut une date essentielle pour plusieurs générations de militants socialistes et pour une majorité de Français. Depuis de longues années, la gauche était absente du pouvoir, et pour beaucoup, un espoir de changements profonds les animait.