1 Juin 2011

Etudiants : pour un parcours d’accès à l’autonomie

par Yassir Hammoud Barnabé Louche Diego Melchior

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Prenant acte des faiblesses de l’enseignement supérieur français, Yassir Hammoud, Barnabé Louche et Diego Melchior exhortent à rouvrir le dossier de la question étudiante. Ils proposent une réforme en profondeur du système pour rétablir la justice sociale et responsabiliser l’étudiant.

Synthèse :

En ce qui concerne la condition étudiante, le retard de la France par rapport aux autres pays développés n’est plus à prouver. Son bilan est globalement négatif : l’université manque de moyens, ne peut pas garantir la qualité des formations proposées ni l’insertion professionnelle future de ses étudiants. Le domaine universitaire reste très cloisonné, peu ouvert sur le monde et l’emploi. Beaucoup d’étudiants vivent sous le seuil de pauvreté et les inégalités sont criantes en ce domaine. Pour toutes ces raisons et dans la perspective des élections présidentielles de 2012, la gauche a tout intérêt à rouvrir le dossier de la question étudiante. Yassir Hammoud, Barnabé Louche et Diego Melchior pointent les failles de la situation actuelle et imaginent des propositions radicalement nouvelles pour que les études deviennent ce qu’elles devraient être : un véritable parcours d’accès à l’autonomie.
Les faiblesses de l’enseignement supérieur français sont nombreuses : la modestie de l’engagement public, le taux d’échec universitaire, le nombre trop peu élevé de diplômés, etc. A ces carences internes s’ajoute, en ce qui concerne la situation des étudiants eux-mêmes, l’insuffisance du montant des aides sociales, qui pénalise avant tout les classes moyennes. Face à cette situation préoccupante, aucun gouvernement n’a su proposer de réforme convaincante du système de financement des études. L’allocation d’autonomie, depuis longtemps proposée par la gauche, ne saurait en tenir lieu : outre son coût démesuré, elle ne ferait que renforcer les inégalités.
Après un rapide état des lieux soulignant le caractère inégalitaire du mode de financement des études en vigueur, la présente réflexion aboutit à une proposition audacieuse dans un pays attaché à la gratuité de son enseignement supérieur : augmenter sensiblement le montant des droits de scolarité, pour concilier justice sociale et responsabilité individuelle. Dans cette même perspective, elle envisage d’opter pour l’allocation remboursable, une aide de l’Etat permettant à chacun, s’il le souhaite, de s’acquitter de ses droits de scolarité et d’assurer ses dépenses courantes, aide qu’il faudrait par la suite rembourser progressivement et sous certaines conditions déterminées. Cette rupture ne devant pas s’accompagner d’un désengagement de l’Etat, elle serait suivie d’un système de bourses mieux ciblées pour les étudiants les plus défavorisés. Enfin, il convient encore de rompre avec le discours passéiste d’une partie de la gauche et de revaloriser le salariat étudiant.
Le second volet de la réforme concerne le fonctionnement de l’université elle-même. Pour lutter contre le « décrochage » (un jeune sur six quitte l’université sans diplôme) et pour éviter la déqualification des jeunes sur le marché du travail, il faut commencer par réexaminer la question des choix d’orientation. Il faut rompre avec le tabou, persistant à gauche comme au sein du monde universitaire, du lien entre université et monde professionnel. L’amélioration du service universitaire implique aussi de décloisonner et de diversifier les formations, de valoriser la logique de compétences contre le privilège exclusif du diplôme et de développer des services dédiés à l’insertion professionnelle à l’université.

Thèmes : Education / Enseignement supérieur | Emploi | Inégalités et redistribution | Jeunesse |

Mots-clés : études supérieures | université | autonomie | inégalités | emploi | réforme |

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