par Hubert Védrine
Moins de réflexes, plus de réflexions !
Les Etats-Unis devraient susciter moins de réflexes et soulever plus de réflexion . Or, comme l’écrit Ezra Suleiman, “ tout se passe comme si les bouleversements actuels du monde et les interrogations qu’ils suscitent convergeaient vers une sorte d’ennemi commun qui concentre tous les défauts : impérialisme culturel, capitalisme triomphant, domination diplomatique, règne de la bouffe, hégémonie de la langue”.
par Giuliano Amato Jacques Delors Joschka Fisher Lionel Jospin Dominique Strauss-Kahn Hubert Védrine
Les avenirs de l'Union européenne
Alors que la France prend la présidence de l’Union européenne, il était naturel pour la Fondation Jean-Jaurès de publier le discours -désormais célèbre- prononcé à Humbold par Joschka Fischer. Il s’agit, en effet, d’un texte stratégique qui mérite d’être analysé, dans son intégralité, et pas seulement d’une icône médiatique qu’il conviendrait, par réflexe, d’encenser ou de dénoncer.
par Lionel Jospin
Pari gagné : menacé d'être cantonné aux marges de la social-démocratie européenne, Lionel Jospin en occupe désormais le cœur. Pari gagné donc. Défi redoutable pourtant : en tenant son cap, en explicitant sa ligne, il lui fallait trouver le bon positionnement entre ces deux risques opposés que constituaient, pour faire bref, la "modernité sans le socialisme" et le "socialisme sans la modernité".
par Marc Villemain
ou le chemin de croix du diable
Si l'on consulte un dictionnaire traditionnel, le Petit Robert, que trouve-t-on? "Homme politique français (Rocquecourbe, Tarn, 1835 - Pons, Charente-Maritime, 1921). Docteur en théologie, il abandonna l'état ecclésiastique auquel il se destinait, étudia la médecine et se lança dans la politique. Rallié au radicalisme, il fut successivement président du Sénat, (1894-1895), ministre de l'instruction publique (cabinet L. Bourgeois, 1895-1896) et président du Conseil après Waldeck-Roussseau (1902-1905). Sa politique anticléricale, qui aboutit à la loi de séparation de l'église et de l'Etat, provoqua une rupture du gouvernement républicain avec le Saint-Siège (juillet 1904). Combes démissionna (janvier 1905) après "l'affaire des fiches".
par Laurent Bouvet Gilles Finchelstein Jacques-Pierre Gougeon Jean Pisani-Ferry Marisol Touraine Henri Weber
Cette histoire commence par une valse à trois temps. 8 juin 1999. Un texte de doctrine politique, signé par le Premier ministre britannique et le Chancelier allemand, est rendu public. Une courte dépêche de l'Agence France-Presse le résume sous le titre "la troisième voie anglo-allemande met au placard la gauche traditionnelle" (annexe 1). Sur cette base - et la mécanique est intéressante , le soir même, toutes les chaînes de télévision et, le lendemain matin, la plupart des éditoriaux de la presse nationale comme de la presse régionale, présentent une analyse commune : la gauche moderne se trouve outre-Manche et outre-Rhin, la gauche traditionnelle se réfugie en France ; elle est, en tout état de cause, isolée.
par Gilles Finchelstein Pierre Moscovici
Voici le deuxième grand entretien réalisé pour les Notes de la Fondation Jean-Jaurès, après celui accordé par François Hollande. En guise de présentation, trois réponses à trois questions. Pourquoi Pierre Moscovici ? Pourquoi aujourd'hui ? Pourquoi l'Europe ?
par Henri Nallet Jean-François Vallin
Jean François Vallin est un acteur engagé : militant socialiste dans l'Essonne ; conseiller municipal à Brétigny sur Orge ; responsable national des cheminots socialistes, il n'a jamais ménagé sa peine pour affirmer ses convictions et les traduire en acte. Mais c'est aussi un observateur privilégié : administrateur du Groupe socialiste au Parlement Européen depuis 1981, il est devenu secrétaire général du Parti des Socialistes européens en 1995. A ce titre, comme il le raconte ici avec simplicité, il assiste depuis quatre ans à toutes les rencontres des leaders des partis socialistes et sociaux démocrates européens ; il anime les groupes de travail du PSE ; assure le secrétariat du bureau et prend en charge la plupart des relations extérieures de ce parti, en liaison étroite avec son Président Rudolph Scharping.
par Gilles Finchelstein François Hollande
"Un Sisyphe heureux", "agitateur d'idées, combattant déterminé mais naturellement doué pour le consensus", un "assouplissant qui arrondit les angles et les idées" ; tels étaient, il y a un peu plus d'un an, à quelques jours de son élection comme Premier secrétaire du parti socialiste, les titres des portraits consacrés à François Hollande dans Le Monde et Libération. Et les mêmes qualificatifs de revenir : la jovialité et la gentillesse ; le sens de la répartie et de l'humour ; la simplicité et la compétence ; l'ambition et la détermination.
Note Histoire et Mémoire
Le discours de 1908, au Congrès de Toulouse de la jeune SFIO, n'est pas celui qui vient spontanément à l'esprit lorsque nous pensons à Jean Jaurès. Il ne contient pas les envolées des grandes interventions parlementaires, il n'a pas la force poignante du discours contre la guerre prononcé dans la cathédrale de Bâle en 1912 ou la gravité empreinte d'espoir du discours à la jeunesse de l'été 1914. Mais, il n'en revêt pas moins une grande importance pour Jean Jaurès lui-même et pour le socialisme français. Ce fut, en effet, ce discours qui consacra la prééminence de Jaurès parmi les socialiste français. Il fait apparaître le "chef" de parti, qui sait affronter la controverse politique, pousse l'adversaire dans ses retranchements mais qui a, tout autant, l'aptitude de dégager les synthèses entraînant l'adhésion. La stature intellectuelle, en effet, aussi éclatante soit-elle, ne suffit pas pour animer une force politique. Le prestige de Jean Jaurès vient aussi de ce qu'il a su assumer les contradictions du socialisme français et, de ses faiblesses tenter d'en faire une force. C'est tout l'enjeu de ce congrès de Toulouse qui, avec le recul, peut être considéré comme un moment fondateur pour la tradition socialiste.
Après avoir publié les analyses croisées de Tony Blair et Lewis Minkin sur la rénovation du parti travailliste en Grande-Bretagne, le voyage au coeur de l'Internationale socialiste de Pierre Mauroy, puis le débat sur la social-démocratie dans l'Union européenne entre Alain Bergounioux et Marc Lazar, nous poursuivons aujourd'hui notre réflexion sur le socialisme avec un texte de Dominique Strauss-Kahn.