Depuis sa création en 1992, la question de l’égalité entre les femmes et les hommes a été au cœur du projet de la Fondation Jean-Jaurès.
Au cours des années 90, sous l’impulsion de Ghislaine Toutain , son action a essentiellement consisté à co-animer des actions de formation et des séminaires de réflexion, en relation avec les partis sociaux-démocrates et les fondations amies des Etats membres de l’Union européenne, notamment ceux qui l’ont intégrée en mai 2004 (Hongrie, Pologne, Slovénie, Lituanie, République tchèque etc…) de très nombreux stages de formation des femmes à la vie politique.
Cette démarche l’a conduite, au début des années 2000, à organiser chaque année en France, aux alentours du 8 mars, en partenariat avec la Coordination française pour le Lobby européen des femmes ( CLEF ) présidée par Monique Halpern puis par Olga Trostiansky, des séminaires de réflexion sur la nécessaire émergence d’une société française et européenne démocratique, solidaire et paritaire.
Le premier séminaire s’est tenu en avril 2000 sur le thème « Demain la parité professionnelle ? ». Rapport sur la parité homme/femme (FJJ - 2000) (pdf - 399,24 ko)
Alors que la loi sur la parité dans la sphère en politique allait être votée en France en juin de la même année, ce thème était un clin d’œil aux inégalités persistantes qui touchent les Françaises dans l’emploi. Dix ans après, le séminaire du 27 mars 2010 se penche à nouveau sur cette question centrale "Quelle situation des femmes dans l’emploi en France et dans l’Union européenne ?"(vous pouvez télécharger le programme : Programme du séminaire femmes FJJ 2010 (pdf - 276,04 ko) et la présentation du séminaire : Présentation du séminaire femmes FJJ 2010 (pdf - 281,17 ko) ) alors que la très grave crise financière et économique mondiale non encore achevée génère une remontée spectaculaire du chômage et de la précarité. Ce séminaire, organisé en partenariat avec la CLEF et la FEPS , poursuit la réflexion engagée en 2009 (cf. infra).
Entre ces deux rencontres à dix ans d’intervalle, trois séminaires ont d’abord été consacrés aux Européennes. Ils ont permis de réunir celles de l’est qui ont rejoint l’Union européenne en mai 2004 et celles de l’ouest, au moment où s’ouvrait une nouvelle page de l’histoire de l’UE. Ainsi, s’est tenue en mars 2003 une première rencontre de « Femmes d’Europe entre elles…( Séminaire femmes FJJ 2003 (pdf - 294,49 ko) ), suivie en 2004 et 2005 par deux autres portant l’une, le 27 mars 2004 sur «Quelle Europe les Européennes veulent-elles ? », et l’autre, le 2 avril 2005 sur le thème « Quelles bonnes pratiques pour l’égalité et la parité en Europe ? ». Ces rencontres ont constitué des moments privilégiés pour développer un dialogue entre des Européennes appartenant désormais au même ensemble mais qui se connaissaient peu, ayant été séparées par soixante-dix ans d’histoire et d’expériences différentes concernant particulièrement la définition d’une véritable « culture d’égalité ».( Séminaire femmes FJJ 2006 (pdf - 533,40 ko) ). Mais surtout, le constat a émergé que ce qui les rapprochait l’emportait largement sur ce qui les différenciait et que les 260 millions de femmes que compte désormais l’UE étaient désormais liées par un destin commun.
En 2006, alors que se profilait en France l’élection présidentielle, le séminaire s’est recentré sur la situation des Françaises autour de la question « Qui va garder les enfants en France ? », question suggérée par certains politiciens à l’annonce par Ségolène Royal de sa possible candidature à la candidature socialiste à la présidence de la République. Le séminaire a mis à plat les avancées, mais aussi les inégalités et les discriminations persistantes auxquelles se heurtent encore les Françaises, sur les plans social, économique, culturel et politique.
En 2007, pour élargir la connaissance de la situation des femmes hors d’Europe, l’idée est venue de se pencher sur la réalité de la place des femmes dans les sociétés civiles israélienne et palestinienne en réunissant à Paris des Israéliennes, des Palestiniennes et des Françaises. Rencontre exceptionnelle en raison du contexte induit par le conflit israélo-palestinien. Il a été particulièrement intéressant d’entendre ces Israéliennes et ces Palestiniennes, non seulement expliquer les difficultés qu’elles rencontrent dans leur combat pour l’égalité dans leur société propre mais aussi celui qu’elles conduisent ensemble ou séparément depuis des années, dans la recherche de la paix au Proche-Orient. Elles ont dit pourquoi et comment elles ont maintenu leurs efforts contre vents et marées et analysé l’influence que ces actions, parce qu’elles sont conduites par des femmes - ont pu ou non - et pourront avoir ou non - sur le cours des événements .( Note FJJ 2007 : les femmes et le proche-orient (pdf - 405,94 ko) ).
En 2008, retour en Europe. A la veille de la présidence française de l’Union européenne, et alors que se profilent les élections de 2009 pour le Parlement européen, il était nécessaire de faire le point sur les politiques d’égalité dans l’Union et leur application concrète dans la vie quotidienne des Européennes. D’où la question: «Où en sont les politiques d’égalité dans l’Union ? »
En 2009, le thème du séminaire du 28 mars s’est imposé de lui-même " Crise économique : quelles conséquences pour les femmes ?" On sait que les périodes de crise sont souvent synonymes de régression pour les femmes, alors qu’elles demeurent les premières victimes du chômage, connaissent de fortes discriminations dans l’emploi et constituent la majorité des « travailleurs pauvres ». Cette question au cœur de l’organisation sociale a été abordée au niveau nationale mais aussi européen ( Programme du séminaire femmes FJJ 2009 (pdf - 269,46 ko) ). En effet, tous les Etats membres de l’UE subissent cette crise dont l’ampleur reste encore méconnue mais dont les premières conséquences en termes de chômage se sont déjà manifestées, comme l’analyse pour la Grande-Bretagne Patricia Thane, professeure d’histoire contemporaine à l’Université de Londres ( Les femmes et la crise en Grande-Bretagne (Patricia Thane, 2009) (pdf - 268,00 ko) )°. Une question méritait quand même d’être posée : les femmes peuvent-elles bénéficier de quelques avancées de la sortie de crise à venir ? En effet, la fin d’une crise annonce souvent l’émergence d’une nouvelle donne forte d’opportunités… Pour les femmes aussi ?
Cette question a alimenté les débats du séminaire du 27 mars 2010 intitulé La crise, une chance pour les Européennes ? qui ont fait l’objet d’un Essai de la FJJ rédigé par Ghislaine Toutain paru en novembre 2010. La réponse est mitigée. Si les secteurs économiques où elles sont majoritaires n’ont pas été touchés en premier, elles n’en continuent pas moins, dans la plupart des Etats membres de subir chômage inégalité des salaires et des retraites mais aussi précarité, notamment avec le développement des « services à la personne ». C’est pourquoi le séminaire du 2 avril prochain à Paris, en partenariat avec la FEPS, intitulé « Egalité entre les femmes et les hommes : dialogue intergénérationnel et perspective Nord-Sud. » se penchera particulièrement sur cette question au moment où le problème de la dépendance est en pleine actualité en France et dans l’Union européenne qui fera de l’année 2012 l’année du vieillissement actif .
Au total, en dix ans, la Fondation a acquis une connaissance approfondie de la question de l’égalité et de la parité entre les femmes et les hommes en France, dans l’Union européenne et au-delà, des résistance auxquelles elles se heurtent mais aussi des progrès qui ont été réalisés comme des moyens à mettre en œuvre pour avancer vers cette « démocratie paritaire » que l’Union européenne appelle de ses vœux. Elle a aussi constitué un réseau d’expertes de très haut niveau (juristes, économistes, responsables, d’associations, universitaires, chercheuses, syndicalistes, élues) qui, pour la plupart, participent régulièrement à ses travaux et qui enrichissent la réflexion de la Fondation. Qu’elles en soient vivement remerciées.
Enfin, à peine créée (en 2008), la jeune Fondation européenne d’études progressistes ( FEPS), suivant en cela l’exemple de la Fondation Jean-Jaurès, a souhaité conduire une réflexion sur la question de la place des femmes dans la société européenne. En partenariat avec la FJJ, trois séminaires se sont déjà tenus, l’un à Bruxelles en mars 2009 autour de la question Où en est le féminisme européen ? Ce séminaire a été introduit par une étude de Ghislaine Toutain sur La place des femmes dans l’Union européenne : un défi et un enjeu persistants ( La place des femmes dans l'Union Européenne (FEPS) (pdf - 291,80 ko) ). Le deuxième séminaire s’est tenu à Boston University en octobre 2009 et a fait le point sur l’égalité entre les femmes et les hommes aux Etats-Unis et en Europe. Une étude introductive sur l’analyse comparée de l’égalité professionnelle des deux côtés de l’Atlantique a été rédigée à cette occasion par Ghislaine Toutain ( L’égalité professionnelle dans l’Union européenne et aux Etats‐Unis (FEPS) (pdf - 448,23 ko) ). Une autre rencontre entre Européennes et Américaines se tiendra à Bruxelles en octobre 2010.
Le troisième séminaire entre Européennes et Américaines s’est tenue à Paris les 15 et 16 octobre 2010. Sous le thème générique « Avancer ensemble vers l’égalité » : deux questions ont été abordées : agir contre les violences faites aux femmes et comment développer l’accès des femmes à l’emploi et concilier vie professionnelle et vie privée. Sur ces deux points, la similitude des difficultés rencontrées par les Américaines et les Européennes pour faire émerger une société réellement égalitaire les conduira à se rencontrer à nouveau en octobre 2011 à Washington pour poursuivre ces échanges très fructueux.
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