France, 8 Juin 2010
Séminaire franco-allemand
Organisé conjointement par la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation Friedrich Ebert, un séminaire, qui s’est tenu sur invitation le 8 juin 2010 dans les locaux de la Cité Malesherbes, a apporté un éclairage au débat français sur la réforme des retraites à partir des expériences issues de la réforme allemande.
Votée sous la Grande Coalition, la réforme du système de retraite allemand, qui prévoit à moyen terme l’augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans, est toujours citée en exemple par le gouvernement français dans le cadre de ses propres objectifs de réformes. Cependant, cette réforme ne fait pas l’unanimité en Allemagne. Certains aspects de la loi ont été critiqués par les syndicats et même une partie du SPD. Ces différents points de friction se retrouvent également dans le débat français : ils concernent notamment la pénibilité du travail, l’espérance de vie et l’inadaptation du marché du travail aux salariés de plus de 50 ans, qui éprouvent les plus grandes difficultés à garder leur emploi.
La rencontre du 8 juin 2010, ouverte par le vice-président de la Fondation Jean-Jaurès Henri Nallet, a permis d’éclairer la question de la réforme des retraites en France et en Allemagne du point de vue des syndicats, grâce à l’intervention de Ingo Nürnberger, conseiller politique pour les questions de sécurité vieillesse et de réintégration à la direction fédérale du DGB, et de Pierre-Yves Chanu, vice-président de l’ACOSS, représentant de la CGT au Conseil d’orientation des retraites, auteur de Le petit livre des retraites (à l’usage de ceux qui veulent les défendre) avec Jean-Christophe Le Duigou (Ed. de l’Atelier, avril 2010).
Les propositions de leur parti respectif ont ensuite été défendues par Anton Schaaf, député du Bundestag, porte-parole du groupe parlementaire SPD sur les questions de retraite, et par Marisol Touraine, députée à l’Assemblée nationale, secrétaire nationale du Parti socialiste à la santé et à la sécurité sociale.
Les deux tables rondes étaient animées par Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, et par Ernst Hillebrand, directeur du bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert.
De nombreuses personnalités ont participé au débat : à la fois des responsables politiques (Christiane Demontès, sénatrice du Rhône, Michel Destot, député-maire de Grenoble, Henri Weber, député européen), des universitaires (les économistes Gérard Cornilleau, de l’OFCE, et Julia Cagé, le sociologue Nicolas Duvoux), des responsables syndicaux (Patrick Poizat, secrétaire confédéral de la CFTC en charge des retraites) et des experts (Monika Queisser, chef de la division des politiques sociales à l’OCDE, Pierre-Louis Bras, inspecteur général des affaires sociales, Guillaume Duval, rédacteur en chef d’ Alternatives économiques ).
A la suite des échanges de très haut niveau tenus par les experts français et allemands réunis à l’occasion de ce séminaire, l’économiste Julia Cagé a publié une note allant à contre-courant des idées reçues et de la célébration actuelle d’un modèle allemand aujourd’hui paré de toutes les vertus. Elle montre que la réforme des retraites menée outre-Rhin est loin d’être parfaite et qu’elle a laissé nombre de questions en suspens.
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