France, 15 Juin 2010
Rencontre internationale
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La Fondation Jean-Jaurès a organisé le 15 juin 2010 une rencontre avec deux parlementaires du Bahreïn, Me Fawzeya Saeed Al Saleh, représentante du Shura Council, Chambre haute du Parlement dont les membres sont nommés par le Roi, et M. Hassan Salem Hassan Al Dossari, élu à la Chambre basse. Cette rencontre était animée par Gérard Fuchs, directeur du secteur Coopération internationale de la Fondation.
M. Al Dossari a d’abord fait une présentation générale de la situation politique actuelle du Bahreïn suivie d’une analyse de Mme Al Saleh de la société bahreïnienne.
A la mort du Roi Issa Ben Salman al-Khalifa en mars 1999, son fils Hamad Ben Issa al-Khalifa lui succède et engage d’importantes réformes politiques et sociales dans le cadre d’une Charte nationale adoptée par référendum et incorporée au sein de la Constitution en février 2002.
Cette rénovation démocratise la vie politique du royaume en réhabilitant le Parlement inexistant depuis sa dissolution en 1975. Le Parlement est bicaméral : une Chambre haute composée de membres nommés (Conseil consultatif ou Shura Council) et une Chambre basse constituée de membres élus au suffrage universel (au nombre de 40 pour un mandat de 4 ans). La représentation politique se fait par le truchement de « blocs politiques », les partis politiques n’étant pas autorisés comme tels. Des élections ont eu lieu en 2002 et en 2006, les prochaines sont prévues cette année. La Constitution établit une séparation des pouvoirs, la Chambre basse étant habilitée à contrôler l’action gouvernementale et la révision constitutionnelle de 2002 ayant renforcé la neutralité et l’indépendance du pouvoir judiciaire par la création d’une Cour Constitutionnelle et d’une Cour des Comptes.
Un certain nombre de juridictions ont été mises en place afin de garantir une protection accentuée des libertés individuelles. Le principe d’égalité et notamment celui de l’égalité hommes-femmes ont été particulièrement mis en avant. Le Roi a ainsi nommé 20% de femmes au sein de la Chambre haute du Parlement, ainsi qu’a des postes clés au sein de l’Etat (comme à la tête du Conseil supérieur de la magistrature). De même, les femmes peuvent aujourd’hui voter et participer au débat politique.
Enfin, cette égalité hommes-femmes se concrétise dans une politique d’éducation solide, l’ensemble des enfants (garçons et filles) suivant au minimum un cursus scolaire comprenant l’enseignement primaire et secondaire. Il ressort également que les femmes percent fortement dans les domaines scientifiques de l’enseignement supérieur. Des faits corroborés par un certain nombre d’indicateurs du PNUD et de l’UNESCO. Une réforme du code de la famille permet aussi aujourd’hui à une femme divorcée avec un enfant de bénéficier du droit à un logement, droit aupravant uniquement réservé aux hommes. Les femmes peuvent également aujourd’hui demander un passeport sans avoir besoin de l’autorisation de leur mari. Afin de faciliter l’entrée des femmes dans la vie professionnelle, des initiatives ont été prises, notamment la mise en place par les banques de lignes de crédits réservées au financement de projets de création d’entreprises par des femmes.
En ce qui concerne la question religieuse, les textes garantissent un traitement d’égalité pour tous les citoyens et le respect de la liberté de confession. Des progrès ont vu aussi le jour en matière de liberté d’expression. Depuis 2006, la loi permet en effet la création d’associations et il existe actuellement 13 quotidiens et hebdomadaires. De plus, 1650 livres et 1500 thèses ont pu faire l’objet de publications depuis le début des années 2000.
Enfin, une Institution nationale des droits de l‘Homme a été créée en 2010. Son but est de promouvoir les droits de l’Homme au sein de la société civile. Par ailleurs, le Bahreïn s’est engagé à respecter les nombreuses conventions internationales, en matière de protection des droits de l’Homme, qu’il a ratifiées ces dernières années.
Si la rénovation du socle institutionnel, la proclamation de libertés individuelles et une politique de santé et d’éducation ambitieuse constituent des avancées démocratiques certaines, les autorités du Bahreïn doivent néanmoins entériner ces changements dans la pratique et ne pas céder aux réactions inévitables des forces conservatrices.
Thème : Méditerranée/Orient |
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