Niger, 10 Octobre 2008 - 12 Octobre 2008

La question énergétique

Colloque régional

© Mathieu Sitruck

Du 10 au 12 octobre derniers s’est tenu à Niamey un colloque consacré à la question énergétique en Afrique de l’Ouest. Coorganisée par la Fondation Jean-Jaurès (représentée par Alexandre Minet) et son partenaire nigérien, le PNDS (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme), cette rencontre a pu bénéficier de la participation d’experts et de professionnels du secteur de l’énergie mais également de responsables politiques de différents pays de la sous-région (Bénin, Burkina-Faso, Mali, Niger et Tchad pour l’Afrique centrale).

L’importance géostratégique de la problématique énergétique et ses implications économiques, politiques et sociales nécessitent une approche, à tout le moins, régionale. Vouloir traiter la question à l’échelon national et dans le contexte de la situation énergétique actuelle de l’Afrique de l’Ouest ne peut satisfaire face au défi considérable à relever.
C’est conscient de cette nécessité que les participants au colloque ont entamé les travaux. Il s’est agi dans un premier temps d’établir un panorama précis, clair et basé sur des données objectives. Les nombreuses communications proposées par différents experts et autres professionnels répondaient à cette impérieuse demande.

Deux éléments sont à retenir de ces diverses contributions. D’abord un constat. L’accès de la population à l’électricité est encore aujourd’hui considérablement insuffisant. Si les données varient quelque peu d’un pays à l’autre, elles demeurent néanmoins très proches. Ainsi au Niger, seuls 8% des ménages ont effectivement accès à cette ressource énergétique. Dans un second temps, une distinction fondamentale est à considérer : la différenciation population rurale/population urbaine. Ainsi, toujours au Niger, 47% des habitants en milieu urbain bénéficient de l’accès à l’électricité contre 0,4% en milieu rural !

Cette césure – donnée objective essentielle – se retrouve dans chaque pays de la sous-région.
La question des différentes sources d’énergie et de celles alternatives (les ressources d’origine fossile, le solaire voltaïque et la biomasse) ainsi que les problèmes liés à leur exploitation et/ou leur développement ont été largement abordés : la raréfaction envisageable (pétrole, charbon), le phénomène de désertification, lié notamment à la consommation du bois, et ses nombreuses implications environnementales, économiques, démographiques et sociales ; le coût très élevé et les difficultés techniques (encore sont-elles en grande partie maîtrisées par nombre de chercheurs et professionnels africains) quant au solaire.

Enfin, la question du nucléaire civil a été explorée sans tabou. La volonté d’avoir accès à cette ressource et surtout – option décisive ! – d’en maîtriser la technique et le combustible est affirmée avec force.

L’obstacle considérable que constituent les questions de coût (bien davantage que les problèmes de compétence technique) pose comme déterminante la dimension politique régionale à donner quant à l’approche de la question énergétique.
Les politiques doivent se saisir de cette problématique et proposer des réponses et des solutions face à ce défi majeur auquel est confrontée l’immense majorité des populations africaines.

La nécessité d’une expertise approfondie et d’un volontarisme politique sincère et pragmatique se sont imposés à tous comme impératifs au cours de ces travaux.
Puisse la tenue de ce colloque avoir ainsi contribué à poser quelques jalons essentiels sur le chemin du développement du continent africain.

Thèmes : Afrique | Développement | Les questions stratégiques | Énergie |

Mots-clés : urbain | rural | nucléaire | solaire | Afrique de l’Ouest |

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