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Hongrie, 6 Avril 2011
Les philosophes , boucs émissaires de la politique autoritariste du 1er Ministre Victor Orban
Lundi 14 Mars 2011, s’est tenu une « manifestation de soutien « à la Philosophe Hongroise Agnes heller », très connue pour son travail et ses combats démocratiques , et à travers elle les philosophes, intellectuels, acteurs des médias en proie à la « chasse aux sorcières » lancée par le gouvernement de Victor Orban depuis ces derniers moi.
Cette invitation a été voulue et lancée par le Collège International de Philosophie, en collaboration avec le journal Libération et le théâtre de l’Odéon . La Fondation jean Jaurès a soutenu cette initiative - notamment avec la participation de Vincent Peillon philosophe et député européen très impliqué à son niveau - elle , qui, pendant de longues années a apporté son aide aux forces progressistes qui avaient émergées et qui tentent toujours d’exister en cette période de remise en cause des principes démocratiques en Hongrie.
Vincent Peillon est d’ailleurs à l’origine d’une question orale au Conseil Européen , déjà signées par de nombreux députés de plusieurs groupes
« Alors que la Hongrie est actuellement présidente du Conseil, ce dernier compte-t-il rester inactif face à ces méthodes incompatibles avec les valeurs énumérées à l'article 2 du traité sur l'Union européenne, notamment en matière de respect des droits de l'homme et de démocratie, et avec les libertés fondamentales telles que garanties par la Charte des droits fondamentaux, en particulier la liberté d'expression et d'information (article 11) et la liberté de la recherche scientifique (article 13) ? »
La même question a été adressée à la Commission.
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Devant plusieurs centaines de personnes réunies au Théatre de l’Odéon, Agnes Heller a expliqué avec beaucoup de force la situation et analysé les risques encourus par la société hongroise mais plus largement par une Europe qui voit ainsi se défaire les principes sur lesquels elle a voulu se construire
De son exposé et de sa participation au débat il résulte la confirmation plus détaillée du développement, au coeur de notre vieux continent, de dérives très inquiétantes de partis pris idéologiques et de choix politiques en contradiction avec nos principes démocratique, le respect des droits , de refus des discriminations .
Par ailleurs elle rappelé que se développait un sentiment ultranationaliste encouragé par les partis au pouvoir alors que parallèlement des allusions antisémites étaient proférées de façon évidente dans cette campagne « anti philosophes »
Plus largement , c’est aussi la liberté de la recherche qui est en cause avec un encadrement financier « ciblé » qui ne s’embarrasse pas vraiment de choix intellectuels rationnels .
La Hongrie n’est certes pas le seul pays dans lequel on raille les intellectuels et que l’on susurre qu’en période de crise il pourrait y avoir des activités plus rentables mais en Hongrie on change de nature : la campagne de diffamation et donc d’intimidation a atteint ce milieu de plein fouet et s’inscrit dans la durée . Tous les moyens ( médias aux ordres) tous les arguments ( fausses allégations sur des détournements de fonds ,caractérisation des activités définies comme « libérales » synonymes de « diaboliques » « anti patriotiques », « agissant comme un poignard dans le dos »… ).
Cette campagne n’est pas la seule : elle rentre dans le cadre par exemple d’une violente charge lancée par la Fidesz et son fer de lance son allié d’extrême droite Jobik contre l’opposition politique et contre les médias
Sur ce dernier point , le reste de l’Europe s’est peu émue de la nouvelle loi Hongroise sur les médias et des dispositions déployées par le pouvoir pourtant en totale contradiction avec les valeurs qu’elle devrait défendre : cette loi est en violation des principes sur la liberté de la presse , et cette politique se déploie presque en toute impunité car seule une faible majorité du parlement européen se mobilise aujourd’hui contre la politique de celui qui est – oh paradoxe- le président du Conseil de l’Union européenne !
Cette frilosité factuelle et le silence médiatique de l’UE ont d’ailleurs été évoqués avec indignation et inquiétude dans le débat du théâtre de l’Odéon
Les acteurs intellectuels, médiatiques et politiques toutes préférences confondues ont bien l’intention de continuer leur actions de vigilances et de œuvrer pour soutenir les libertés de penser, de recherche et d’expression en Hongrie en sachant que chacun peut se sentir concerné au- delà de cet exemple qui constitue un précédent très préoccupant pour une Europe démocratique.
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