12, cité Malesherbes
75009 Paris
Tél. : +33 (0)1 40 23 24 00
Fax : +33 (0)1 40 23 24 01
Vous êtes dans : Accueil > Publications > Dossiers d'actualité > Centenaire de la journée de la femme > Journée de la femme : hommage à Colette Audry (1906-1990)
©
1972, coll. FJJ-MPG
Colette Audry en 1972
Colette Audry, dont la biographie vient de paraître, fut tout à la fois enseignante de lettres et militante socialiste, résistante sous l’Occupation et intellectuelle engagée dans les luttes antifascistes et anticoloniales, et une féministe proche de Simone de Beauvoir et de Jean-Paul Sartre. Retour sur ses engagements à travers les archives du Parti socialiste.
Alors que vient de paraître une biographie consacrée à Colette Audry par Séverine Liatard, journaliste à France Culture ( Colette Audry 1906-1990 Engagements et identités d'une intellectuelle (pdf - 504,22 ko) ), la Fondation rend hommage à cette grande féministe et intellectuelle dont l’engagement politique aux côtés des socialistes débuta à l’époque du Front populaire, lorsqu’elle rejoignit le PSOP dirigé par Marceau Pivert, qui se poursuivit au sein de la Deuxième gauche dans les années soixante (le PSU et l’UGCS de Jean Poperen), avant d’adhérer au Parti socialiste dont elle fut membre du comité directeur de 1971 à 1981.
Née en 1906, petite-nièce du radical Gaston Doumergue (président de la République de 1924 à 1931), Colette Audry sort de l’Ecole normale supérieure en 1922, et devient professeure agrégée de lettres à une époque où les élites intellectuelles et enseignantes s’ouvrent à peine aux femmes. Dans les années trente, elle rencontre au lycée Jeanne d’Arc de Rouen Simone de Beauvoir, dont elle restera proche toute sa vie, et qui va l’amener à publier ses premiers ouvrages à la Libération.
Car Colette Audry sera aussi romancière, essayiste, journaliste et dramaturge, et signera également le scénario de La Bataille du rail , le tout premier film de René Clément en 1946… Lauréate du Prix Médicis en 1962 pour Derrière la baignoire , elle fonde en 1965 le Mouvement démocratique féminin avec Gisèle Halimi, Evelyne Sullerot, Marguerite Thibert et d’autres militantes féministes, formation proche des socialistes qui soutiendra François Mitterrand face au général de Gaulle à la présidentielle.
Plus tard, au Parti socialiste dirigé par Mitterrand, elle s’occupera avec Jean Pronteau (1919-1984) de l’Institut socialiste d’études et de recherches (ISER), qui organisera plusieurs colloques sur les mutations de la gauche en France et en Europe. Elle disparaît en 1990 alors qu’elle entretient une correspondance avec un moine bénédictin, publiée en 1993.
Membre de l’ISER, elle a élaboré et participé à des colloques sur la gauche, le marxisme et la social-démocratie. Elle a laissé dans les archives conservées par le CAS plusieurs exposés, dont ceux-ci :
Les archives de ces deux colloques, avec la transcription de leurs débats, sont consultables au CAS.
Elle a également écrit à plusieurs reprises pour la presse militante et d’information du Parti socialiste, notamment pour l’hebdomadaire L’Unité , paru de 1972 à 1986 ( http://www.jean-jaures.org/Le-Centre-d-archives-socialistes/Base-de-donnees-L-Unite ) : des articles consacrés aux femmes, bien sûr, mais également au Parti socialiste et à la social-démocratie, au Parti communiste, ou au devoir de témoigner pour l’Histoire :
On peut aussi voir Colette Audry dans les années quatre-vingts, participant à l’émission « Apostrophe » de Bernard Pivot : site de l’Institut national de l’audiovisuel http://www.ina.fr/